Juge ou voleur, voire un peu les deux.
Une pendule objet du délit.
Un juge condamné.
La balance de la justice
Lors du procès du terroriste Carlos en décembre 2011, un magistrat a fait son marché. Il a sans doute pensé que cette pendule de style Empire encombrait le bureau du président de la cour d’Assise. Les tribunaux français regorgent d’objets précieux, appartenant au mobilier national. Que de tentations pour les criminels en comparution !
Loin s’en faut, c’est le juge qui a été pris la main dans le sac.
Le magistrat dérobe discrètement l’objet tant convoité. Mal lui en a pris, les yeux électroniques des caméras de surveillance veillaient au grain. Se sachant confondu, il restitue la pendule mais l’enquête se poursuit. L’inconcevable est alors mis à jour, c’est ce magistrat de 63 ans qui a commis le vol avant de tenter une restitution anonyme.
Sa seul justification : l’ennui.
Six mois avec sursis et 2000 euros d’amende, c’est ce que lui aura couté cette incursion du côté obscur de la force. Peut-on dès lors croire en notre justice et en son infaillible jugement ? L’humain, fait de pulsions et de sentiments, est-il apte à juger son prochain ?
Gaëlle