Avec ses 600 chèvres lancées à l’assaut des coteaux herbeux de l’Idaho, la réserve naturelle de la ville de Boise confirme la vocation écologique des caprins et leur rôle dans la lutte contre les mauvaises herbes et les grands incendies d’été.
Plus efficaces que des bataillons de bûcherons, armés de haches, tronçonneuses, serpes et serpettes, voici la chèvre. La chèvre et ses 32 dents, dont les 8 incisives redoutables de sa mâchoire inférieure. Véritable coupe-coupe articulé, elle broute toutes les herbes et feuillages bas à sa portée, laissant un terrain ras et propre, même sur des pentes difficiles d’accès. Un argument de poids pour la promotion de la biquette dans la lutte contre les incendies ou contre la prolifération des herbes nuisibles. Ainsi vient de le décider la Polecat Gulch Réserve, dans l’Idaho, au Nord-Ouest des Etats-Unis.
“La réserve naturelle de la ville de Boise a décidé d’utiliser 600 chèvres afin de se débarrasser de ses mauvaises herbes” précise Julia Grant, manageur de la réserve. Elle affirme qu’il s’agit d’une première pour l’aménagement paysager de la ville et que c’est une alternative écologique aux herbicides. ” Nous avons décidé de porter notre choix sur les chèvres car elles ont accès à des zones où personnes ne veut aller en VTT pour appliquer les sprays, de peur de déclencher un feu.“
Des chèvres à San Francisco
Ce n’est toutefois pas une première aux USA. Chaque matin d’avril, vers 6 h, l’équipe de Ken McWilliams est au travail. Les branches bruissent sur le coteau et on entend le piétinement des sabots de son troupeau de 500 chèvres, toutes concentrées à l’arrachage et à la mastication rapide des feuilles. Depuis près de 30 ans, pour environ un dollar par tête et par jour, le troupeau de Ken détruit les broussailles des collines de la côte Est de la baie de San Francisco.
Ces broussards quadrupèdes sont les éléments clés d’un programme de lutte contre les incendies. Depuis la catastrophe d’octobre 1991, qui a ravagé 650 hectares et détruit plus de 3 000 foyers à Oakland Hills, la demande de chèvres pour les programmes de coupe-feu a culminé.
Aujourd’hui, plus de 300.000 $ de contrats sont offerts chaque année par les trois principaux propriétaires de terres publiques de la région : la ville d’Oakland, East Bay Municipal Utility District et East Bay Regional Park District. Environ 500 chèvres peuvent brouter un demi-hectare de terrain en friche par jour, pour 1 235 $ à 1 730 $ l’hectare. ”C’est une méthode très populaire “, affirme Terri Holleman, d’Orinda, en Californie. Son équipe Goats-R-Us compte en moyenne 1.900 membres.
Même Google parie sur la chèvre
Martin Matarrese, surveillant des ressources des prairies-parcs pour la ville d’Oakland, confirme que le coût d’une équipe de travailleurs pour débroussailler un seul hectare varie de 2 470$ à 4 940$.
Des arguments que le géant américain de l’internet Google a parfaitement entendu. Pour lutter contre les incendies autour de ses bureaux californiens il a embauché 200 caprins pour brouter les terrains entourant son campus de Mountain View en Californie. La région fréquemment ravagée par des incendies de forêts dévastateurs subit depuis plusieurs années une sécheresse préoccupante qui a aggravé cette situation.
“Nous avons certains terrains que nous devons tondre à l’occasion pour éliminer les mauvaises herbes et les broussailles pour réduire les risques d’incendie”, écrit un responsable de Google, Dan Hoffman, sur le site du groupe. “Au lieu d’utiliser des tondeuses électriques bruyantes qui utilisent de l’essence et polluent l’air, nous avons loué des chèvres … pour faire le boulot à notre place”, a-t-il ajouté. En quelque sorte une nouvelle application de Google, non disponible , cette fois, sur la Toile.
Maxvili