Le « Walking football », le football en marchant a déjà ses adeptes à Mayotte.

Jouer au « Walking football » est possible à Mayotte. C’est une nouvelle discipline. Et elle marche.

Le walking football est le sport à la mode. Les adeptes sont de plus en plus nombreux. A Mayotte, il est pratiqué dans un gymnase. Il y a 5 joueurs de champ et un gardien. Les règles ne sont pas encore bien établies. La principale est de ne pas courir. Le joueur ne peut que marcher. Et elle n’est pas simple à respecter.
Le football en marchant n’est pas pour autant un sport de fainéants. A moins que l’on considère que la marche en est un. Il y a des accélérations et des changements brusques de direction. Les gestes techniques sont les mêmes que ceux du football : les crochets, les amortis, les petit-ponts et toute la panoplie.
Les organisateurs de Mayotte ont fait appel à d’anciens footballeurs. Des vétérans encore passionnés. Des jeunes aussi le pratiquent. Les premiers parlent d’un sport adapté à leur condition physique. Les autres sont frustrés. Ils doivent se retenir. Les contacts non plus ne sont pas permis. Pas de coup d’épaule ni de tacle. C’est une véritable épreuve pour les jeunes. Et pourtant ça marche. Quel pied !
Le public ne s’y trompe pas. Les quelques tournois organisés au gymase de Cavani ont été suivis. Il n’y a pas encore de « holas » dans les tribune. Mais sa popularité est grandissante. Il n’a pas encore sa ligue propre, mais ça ne saurait tarder. C’est un sport d’amateurs, au sens noble du terme.
Le walking-football fait aussi découvrir la marche. Il vient d’Angleterre et se répand dans toute l’Europe. Il vient tout juste d’arriver à Mayotte.

C’est une vraie découverte pour moi. Le football en marchant m’a séduit tout de suite. Marcher au lieu de courir derrière le ballon.

Refaire à la première personne.

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La pêche de père en fille, notre passion partagée

Partager une passion en famille. C’est du temps avec ses enfants. Témoignage de père. 

Elles sautillent de joie, elles crient, elles rient…  elles tiennent dans leurs petites mains un poisson argenté qui frétille. Yuna et Aïko ont 6 et 4 ans. Ce sont mes filles. L’une est élancée, grande pour son age. L’autre a des yeux  noirs et ronds. Elles ont le sourire collé au visage, ce sont des enfants qui ont la joie de vivre. les samedis après midi c’est la pêche. Elles délaissent leurs robes de princesses pour des vêtements de détente. A l’issue de chaque sortie je les entends dire  » c’était le plus beau jour de ma vie », comme pour moi il y a 30 ans.

J’aime la pêche à la palangrotte, elle me rappelle une période de mon enfance où j’étais insouciant. Le temps semblait infini et j’étais  Tom Sawyer. Je vivais mes aventures en pêchant. On pouvait passer du temps sur la pirogue ou sur un rocher à patienter qu’un poisson morde. Un petit ou un grand qu’importe,  on ne connaissait même pas le nom des espèces, mais avec les copains et mes frères, c’était des moments magiques… Une fois la ligne jetée à l’eau, commençait le jeu, comme dans un casino où l’on pouvait entendre hurler “  rien ne va plus…les jeux sont fait”. L’attente était entrecoupée de séquences de jeux dans la mer, rythmée de rire et de discussions de notre age.  La tension de la ligne sur le doigt faisait monter l’adrénaline. On savait qu’un poisson était en train de mordre, il fallait user de tout un stratège pour tirer la ligne au bon moment, ramer le poisson et crier victoire. Le sel marin finissait par coller à nos cheveux crépus. L’odeur des poissons nous était familier, frais, secs et même pourris, tant on passait du temps à la mer.  

Aujourd’hui, j’emmène mes filles à la pêche, au bord de la mer, sur des rochers et là on accroche ensemble l’appât au bout de l’hameçon, avant de jeter les lignes ensemble. l’appât dégage cette odeur familier de mon enfance et fait remonter les souvenirs. Les gestes me semblent beaucoup plus maladroits qu’autrefois  et les prises plus rares; mais les moments sont aussi magiques et passionnants. Mes filles me posent des questions sur la mer, sur la pêche, les environs du site. Il m’arrive de leur raconter mes souvenir d’enfance.  Et s’il nous arrive de remonter un poisson, elles crient victoire..

De mon coté, les émotions sont retenues… je lâche un sourire de satisfaction. Des pensées d’adultes parcourent mon esprit “ un poisson devrait rester dans la mer. Que pensent tes filles de la mort du poisson? la pêche c’est comme la chasse ça doit être interdit!” 

Mais heureusement pour moi…elles sont encore loin de ces réflexions, elles sont fiers d’avoir partagé ce temps avec leur papa, qu’elles s’empressent de raconter avec passion à leur maman de retour  à la maison.

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Témoignage Je plonge sur une épave et dans le passé en Martinique

Plongée sur l’épave du cargo »Roraima ». Coulé par une nuée ardente.
Plaisir et mémoire.

« Roraima ». Des semaines que je revois les quelques images en noir et blanc de son agonie. Tournées 3 jours après l’explosion du volcan. Couché sur le flanc, le bateau en acier brûle. Carbonisé par la nuée ardente de cendres à 500°C crachée par La Montagne Pelée le 8 mai 1902. 28000 morts. Saint-Pierre, le « petit Paris des Antilles » n’existe plus.
Des dizaines de navires ont coulé au premier choc de feu. Leurs coques en bois n’ont pas résisté. Pas le « Roraima ». Sa coque a résisté. Il s’est battu cinq jours avant de sombrer.

La mémoire au fond de l’océan
Aujourd’hui, je plonge sur l’épave. Remontée vers le passé. La mémoire des hommes à 90 mètres sous la surface. Je suis avec deux compagnons de plongée. Pour eux ce n’est pas une première. « Tu vas voir, ç’est fort! Tu as l’impression de découvrir une ville fantôme ». Jacques-Yves garde intacte son émotion. Même après trente plongées sur le site du naufrage.
Vingt minutes bouillonnantes à bord du canot pneumatique poussé par un « Evinrude » de 200 chevaux. Mes amis plaisantent. Des blagues de bons vivants. Pas moi. La montagne Pelée, les eaux glauques de la baie sous un ciel de plomb, la plongée à venir -9O mètres ce n’est pas rien! J’ai dû atteindre deux fois cette profondeur. Les images, les pensées se bousculent.
Pas de peur mais de l’appréhension… Allez! Nous sommes amarrés à une bouée. Dernières recommandations. Suivre à le « chef » de palanquée », le « patron » de la plongée.
Deux minutes avant de se mettre à l’eau. Le « check up » comme dans les avions. La vérification, point par point du matériel et son installation. Un rituel.
Une série de gestes à accomplir. Des instants rassurants. Plus le temps d’avoir des états d’âme.

Cap vers le fond
« Quand je vous fais signe, on plonge! » L’autorité ferme de Jacques-Yves mobilise! « Descente directe vers la proue. Le « Roraima » est posé à 90 mètres. Le pont est à 65 mètres! »
Bascule arrière. Quelques secondes accrochés au cordage. « Prêts? Go! » L’air sort en glougloutant du tuyau de vidange. « Bip! Bip! » Mon ordinateur m’avertit. Descente rapide. 10 mètres. 20 mètres. 25 mètres.
Tête vers l’avant nous descendons vers le fond. Le bruit de l’air expiré. Le mien. Celui de mes deux camarades. Ils sont à quelques mètres. Je vois le fluo de leurs palmes. Des éclats de couleur qui rayent l’atmosphère bleutée. Je ne peux pas m’empêcher de penser à mes cours théoriques. Plus on descent plus l’eau retient les couleurs. Le rouge d’abord puis les autres. Jusqu’au bleu intense et sombre. Avant le noir.
Autour, l’immensité de l’océan. Une masse d’eau bleue familière.

Voler sous l’eau

L’appréhension s’est évanouie. Une immense impression d’apesanteur. Une dimension supplémentaire. Mon corps ne pèse plus. Une immense quiétude. Et des poissons. Les premiers 20 mètres, des couleurs chatoyantes, vives. Puis leurs robes s’assombrissent. Plusieurs ombres inquiétantes. La machoire prognate et le bec pointu. Des barracudas. Sans danger pour moi… pour nous!
Toujours pas d’épave. Pas de panique! Elle est forcément là! Ah! Jacques-Yves tape sur un petit tube métallique « Tink! Tink! ». En plongée, la façon d’attirer par l’oreille l’attention. D’accrocher le regard. Contact visuel. Le signe de « Tout va bien ». Il faut lui répondre. Index et pouce joints forment un « o ». Oui, tout va bien!
Encore une dizaine de mètres. La masse du « Roraima » émerge de la semi-obscurité. Enorme masse de métal. Les bastingages,la cheminée, les poulies. Des portes, des fenêtres. Un bateau-fantôme. La sensation de la vie évanouie. Depuis plus d’un siècle. Ce bateau témoin de la tragédie à jamais muet.
Je voudrais m’arrêter. Pas le temps. A cette profondeur la liberté est liée à l’air respiré. Aller de l’avant, suivre le chef!

Respirer le silence

Le groupe reste ensemble. « Flashs » des lampes, couleurs des palmes et les bulles qui s’échappent en sifflant de notre système de respiration.
Jacques-Yves nous entraîne dans les coursives du premier pont. Lentement pour ne pas accrocher les ferrailles déchirées qui menacent les visiteurs.
Une dernière pose à la sortie du pont. Coup d’oeil sur une plaque mémoriale. « Le 8 mai 1902 l’érution de la Montagne Pelée » a coulé le « Roraima ». RIPA ».
Coup d’oeil aussi sur l’ordinateur de plongée.
Vingt minutes que nous avons quitté notre canot. Il est plus que temps de remonter. 70 mètres de remontée. Puis une demi-heure de « pallier » à 12 mètres. Le temps d’éliminer le gaz azote dans le sang et de se charger en oxygène.
Accrochés au cable de la bouée l’attente commence. Ballotés par les courants plus forts en surface. Je ferme les yeux. A part les bulles expirées, le monde du silence. Une envie de dormir. De rêver du passé.

RL

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Cuisiner le rougail-saucisses comme à La Réunion est mon plaisir solitaire pour le bien de tous

Tout le monde aime le rougail-saucisses. J’adore le cuisiner seul. Ma passion dévorante.

Ma cuisine est propre, mais bordélique et trop petite. Les casseroles pendent au mur. Elles me renvoient les rayons du soleil couchant. Dehors, les chats dorment sur les pierres chaudes. C’est le meilleur moment de la journée. Si ma mère me voyait ainsi sans tablier, en T-shirt et caleçon, pieds nus, elle se fâcherait. J’aime cuisiner en tenue décontractée. Mon couteau est super aiguisé. Mon appétit aussi. Je vais préparer un rougail-saucisses.

Qu’y a-t-il de plus simple qu’un rougail-saucisses ? Trois ingrédients : des saucisses, des tomates et des oignons. Point. Certains n’y croient pas; il vont y ajouter du safran, du thym, n’importe quoi… Des assassins ! Le rougail-saucisses – et non pas le rougail de saucisses que vous lirez sur certains menus prétentieux – est une merveille de la cuisine réunionnaise. A la Réunion on le trouve sur la carte de tous les restaurants, dans les camions-bars, les cantines scolaires, et les pique-nique à la plage ou sur le chemin du volcan. Mais le meilleur rougail-saucisses, vous le mangerez… Chez moi. Chaque réunionnais est ainsi face au rougail saucisse. Il perd toute modestie. Celui de maman est un chef d’oeuvre, celui du tonton aussi, mais le mien est indétrônable.

Une tradition héritée des pirates et des corsaires

Le choix des saucisses est stratégique. L’île de la Réunion a une solide tradition de charcuterie et de salaisons. Elle vient de la marine à voile. Les pirates et les corsaires qui sillonaient l’Océan Indien au XVIIe siècle avaient besoin de vivres à conserver pour les longues traversées. Ce savoir faire s’est transmis jusqu’aujourd’hui. Chaque Réunionnais a son meilleur charcutier. Le mien s’appelle Carpaye. C’est un indien « malbar ». Il tient une petite supérette à l’Ermitage, tout près de la plage. Ses saucisses sont une « tuerie » comme on dit aujourd’hui.

La saucisse est un grand dilemme des réunionnais en France. Aujourd’hui des magasins les importent de la Réunion. Sinon on peut se rabattre sur quelques pauvres succédanés. La saucisse de Toulouse fait rarement l’affaire. Celle de Montbéliard peut se rapprocher un peu. La Diot de Savoie est celle qui ressemblera le plus à la réunionnaise. Ne le dites pas à Carpaye, sinon il vous tue.

Mais ne nous égarons pas. Le rougail saucisse est aussi simple à préparer que le laisse deviner son trio d’ingrédients : saucisses, tomates, oignons. Je pique mes saucisses à la fourchette afin d’éviter qu’elles n’éclatent à la cuisson. Je les plonge dans une marmite d’eau frémissante. C’est important. Je les fais frémir, et non pas bouillir, pendant une vingtaine de minutes. Il faut savoir jouer avec le feu pour maintenir cet état de frémissement.

Roussir, c’est le plus important

Pendant ce temps, je coupe les oignons. Là encore, pas n’importe comment. Il n’est pas question de les hacher en tous sens. Ma mère me disait que l’on doit faire des « plumes d’ange » avec les oignons. On respecte le sens du fil de l’oignon. Vous remarquerez d’ailleurs que les oignons ne font pas pleurer lorsque vous respectez ainsi leur texture.
Si l’on est pas paresseux, on pèlera et on épépinera les tomates. Mais cela va aussi bien de les couper en tous petits carrés. Pour ce plat, les tomates méritent moins de respect que les oignons.

Les saucisses ayant suffisamment frémi, je les coupe en morceaux d’un centimètre. Je vide l’eau de la marmite et les y jette avec un petit soupçon d’huile pour qu’elle n’attachent pas vite. Et là, je les fais roussir à feu moyen. Savoir roussir, c’est la base de la cuisine réunionnaise. Elle vont brunir et commencer à attacher.

Cela attache? Pas de panique

Cela commence à croûter dans le fond. J’enlève alors les saucisses de la marmite. C’est le moment d’y lâcher les oignons. Le premier miracle s’opère : la croûte se dissout et dégage une délicieuse odeur. Celle de votre enfance si vous êtes réunionnais. Celle de La Réunion si vous êtes d’ailleurs.  Elle vous annonce déjà que le rougail sera bon. Les oignons vont roussir à leur tour. Si ce miracle n’intervient pas, si la croûte reste solide, il ne faut pas désespérer. A leur tour, les tomates feront le reste. Quand elles auront commencé à fondre, vous remettrez les saucisses et vous couvrirez.

Le temps de prendre l’apéro entre amis, et ce sera parti pour une nouvelle aventure : la dégustation du rougail-saucisses avec du riz blanc, des grains, du piment crasé.

Riz grains rougail, c’est le triptyque de la cuisine réunionnaise. Les grains sont les haricots rouges ou blancs, ou encore les lentilles. Le piment « oiseau »vert, crasé , grossièrement pilé suffira. C’est un autre plaisir qui commencera. Le silence des convives au début du repas sera un indicateur de réussite.

Finalement, ce rougail-saucisses, je me demande si je préfère le préparer ou le manger. Bon, je vous laisse.

Il est temps de passer à table.

Bruno

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J’aime porter les vêtements que j’ai moi-même cousus

Une passion ou un coup de foudre, quand j’aime je partage, voici ma couture

Je raffole des tissus qui font voyager

Oui je suis une passionnée de couture, ce que j’aime le plus, apprécier toutes les étapes qui aboutiront à porter le vêtement cousu. J’aime me promener dans les marchés, magasin de tissus et merceries sans regarder la montre à la recherche du bon tissu, celui qui méritera toute mon attention durant des heures ou même des jours.

J’aime prendre le tissu, le contempler, le toucher, le retourner dans tous les sens le porter à ma joue et le sentir. Ceux qui sont colorés me plaisent énormément, comme une gamine devant un magasin de sucrerie je raffole des tissus qui font voyager. j’ai une petite préférence pour les textiles à motifs africains, j’ai l’impression que celui-ci me partage un secret, une belle histoire ou son itinéraire jusqu’à sa place sur ce présentoir.

Mon étoffe en main, sur le chemin du retour, je visualise déjà mon modèle, j’aime cette sensation d’avoir l’emprise sur mon tissu et de choisir sa destinée, comment je vais le couper, quel fil je vais utiliser, la longueur et la largeur des points de couture que je vais utiliser. enfin une multitude de questions qui nourrissent ma passion.

Coup de foudre pour la couture

J’ai eu le coup de foudre pour la couture dès mon plus jeune âge, mon premier souvenir remonte au jour de mes 7 ans. Ma grand-mère arrive avec un tissu rose transparent, et vaporeux on aurait dit un nuage rose, ou de la vapeur, ce tissu était brillant comme celui des robes des princesses de Disney, je ne le savais pas à l’époque mais c’était du tulle. Ma passion a dû naitre à ce moment-là et s’est amplifiée lorsque coiffée de deux couettes et d’un ruban rose j’ai enfilé ma robe en mousseline et tulle rose. Cà piquait un peu mais çà n’avait aucune importance, du moment que je portais cette belle robe confectionnée pour moi.  Je pense que j’avais déjà saisie le message de souffrir pour être belle.

Avec l’âge ma passion s’accroît, d’abord en atelier participatif à l’école et maintenant chez moi j’ai déjà pensé à prendre des cours, mais je profite encore d’apprendre de mes erreurs, voila pourquoi je suis autodidacte. Après la couture des petites besaces qui serviraient plus tard d’emballages pour les lots du calendrier de l’avent. Je me suis lancé dans la confection d’une jupe droite avec un morceau de salouva de ma mère. J’ai essayé de dessiner un patron sur des feuilles agrafées ensemble par terre. Le chef-d’oeuvre dort encore dans mon placard, il était asymétrique ne se fermé pas et ne tombait pas juste du tout mais pas du tout au bon endroit sur mon corps. Le nom correspondait mais pas la forme.

Un vêtement unique

Le plaisir de coudre passe aussi par la case échec, je recommence cette fois avec un tissu plus maniable, il est jaune moutarde avec des grosses fleurs verte comme celles du palmier, à même le sol sur le carrelage froid je pose d’abord une robe, mon modèle et par-dessus ma nouvelle victime, le tissu, avec des petites aiguilles je cale les deux tissus et paire de ciseaux à la main je coupe. Je retire le capot de la plaque d’aiguille, la canette, enfile le fil vert au bon endroit. Je referme le tout, récupère le tissu coupé, tire ma chaise, avec beaucoup de délicatesse j’installe mon tissu sur la machine, je le bloque et j’actionne la machine avec mon pied. C’est un boucan comme celui d’une petite mitraillette pour mes voisins mais pour moi c’est le son de la victoire, la satisfaction que j’aurais à porter un vêtement unique et rien que pour moi.

Au bout de deux heures, installée studieusement sur mon engin, avec quelques fourmis dans le dos et dans le coup je peux enfin enfiler ma tenue, ma robe, ma confection, ma création. Avec beaucoup de délicatesse, je passe d’abord mes bras, doucement, il ne faudrait pas l’abimer. Ensuite ma tête, je ne réalise toujours pas que je viens de coudre cette robe. Arrivée à la partie inférieure de mon corps, je déchante, la robe fait de la résistance, sûrement à cause de l’amour que je porte au chocolat. En quelques mouvements de contorsions je débloque la situation. Et çà passe, je rentre mon ventre et tel un coq dans sa basse cour je bombe le torsse, je suis fière. Je peux enfin me contempler dans le miroir.

Je vous avoue que cette robe est invendable en magasin, ce n’est pas bien grave elle a une valeur inestimable, elle a été faite par moi, c’est ma première, je l’aime et çà, çà ne s’explique pas même si Martin veut toujours en savoir plus.

Youmna

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Danser le mbiwi me fait toujours vibrer

La danse de mbiwi : très prisée lors des mariages à Mayotte. Elle est exclusivement féminine. Les femmes tapent en cadence dans des morceaux de bambous et se défient 2 par 2.

Je suis tombée dedans naturellement à l’âge de 8 ans. Avec des amies, les nuits de pleine lune, car il n’y avait pas d’éclairage public, nous jouions avec des morceaux de bambou en imitant nos mamans. Et j’y suis 40 ans après.
La danse de mbiwi rime avec le salouva, l’habit traditionnel mahorais. Parfois, je l’agrémente avec des fleurs de jasmin dans les cheveux et un masque de beauté sur le visage, le msindzano.

Le mbiwi se danse en publique

La danse se déroule en général sur une place publique. Vêtue de mon plus beau salouva, je choisis ma place sur la natte à côté des membres de mon association. Et chacune de nous fait pareil. Les groupes constitués, la danse commence.
Nous tapons les morceaux de bambou l’un contre l’autre au rythme de la musique assurée par un orchestre d’hommes.
Les danseuses se lèvent deux par deux et se font face. Nous sommes toutes pieds nus. Les bras levés, lègerement écartés sur le côté, elles remuent les hanches en cadence. D’abord lentement, puis les mouvements des hanches se font de plus en plus rapides, au rythme des mbiwis. »Katra-katra-katra-katra-katra »
Après quelques minutes, les 2 danseuses échangent leur place, tout en cadence. Au bout d’une dizaine de minutes de danse, elles rejoignent leur place. Elles sont tout de suite remplacées sur la piste par d’autres. Des couples de plus en plus nombreux occupent la piste.
Pendant ce temps les femmes assises battent la cadence en claquant leurs bouts de bois: »katra-katra-katra-katra ». Et cela peut durer trois,  4 heures ou plus  selon l’ambiance.

Pour le final, Nous laissons nos mbiwis de côté et place à la  danse collective au rythme des instruments, le mgodro.

Frahati

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Mon sommeil, mon anti-dépresseur, ma victoire

Le sommeil, ce phénomène étrange, mais obligatoire. Il possède de nombreuses vertus. Il est sensationnel.

Maman de 3 enfants que je suis, le sommeil est l’un des moments de la journée que j’apprécie.

C’est mon moment de la journée, c’est à moi, je ne le partage pas. Ce n’est pas de l’égoïsme, mais toute personne a besoin de se ressourcer et là il s’agit bien de cela.

Après avoir fait le tour des chambres, vérifié que les enfants soient bien endormis, au fond de moi, je ressens cette victoire, victoire d’une maman qui vient d’affronter une journée, qu’elle soit bonne ou mauvaise, mais c’est fini, et là en contemplant mes enfants, je rends grâce à Dieu en me disant que demain sera un autre jour, comme dit le vieux dicton.

Et là c’est à mon tour de prendre place, ce doux moment, ou je me glisse sous les draps, redresse mes oreillers, et là vient cette sensation de légèreté, tout se relâche, ma tête, mon corps, je suis comme une plume………

Le sommeil en plusieurs étapes

C’est la 1ère phase, car oui le sommeil, du moins le mien se fait en plusieurs étapes……et là je me remémore ma journée, remercie Dieu pour cette nouvelle journée, et la c’est parti, cette sensation d’endormissement, ce passage de la veille au sommeil, ce moment ou je me sens basculer doucement dans les bras de Morphée. Il est là, il arrive tout doucement en commençant par la fermeture des paupières, le corps qui ne répond plus de rien, cette impression d’être portée dans un monde inconnu, c’est magique et en même temps intriguant.

Intriguant car en dormant je suis face à cet état de perte de conscience accompagnée d’une diminution progressive de tous mes muscles. Mais à ce moment là aussi, c’est étrange car ça fait peur, la peur de ne plus revenir, ne plus appartenir à ce monde.

Nous l’avons tous vécu un jour, cette sensation, d’être dans un profond sommeil, entendre les bruits tout autour de nous, avec cette envie de se lever, de savoir ce qui se passe, mais impossible, le corps ne suit pas, il ne répond pas, et là tu paniques ou pas en général, tu te réveilles plus tard, ouf, oui, je me souviens de ce passage de mon sommeil, ce n’était qu’un mauvais rêve et on en rigole, « oui oui je vous ai bien entendu, mais franchement le corps n’a pas voulu suivre », résultat d’un manque de sommeil, d’un corps fatigué, qui n’a pas voulu répondre à l’appel.

Le jour se lève, l’alarme sonne, d’un bond je sors de mon lit, et c’est reparti pour une nouvelle journée.

Cris

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