Si si, le bricolage, c’est pour toi aussi !

 

J’étais de ceux qui affirment : « le bricolage, ce n’est pas pour moi ». Et pourtant, quand on s’y colle, un monde merveilleux peut se révéler à nous.

 

« Houlaaa ! C’est de la bidouille à Nénesse ça ! » L’expression favorite de mon beau-frère ressortait à chaque fois qu’il ouvrait un placard de notre nouvel appartement.

Cet appartement, on l’avait acheté tout en sachant qu’il fallait tout retaper, tout en sachant qu’on ne savait pas bricoler, tout en sachant qu’on aurait un coup de main du beau frère : Alban, le bricolo de la famille. Alban, il a la carte passion Leroy Merlin, et il peut passer des heures devant les derniers modèles de perceuses. C’est dire s’il est bricolo.

Chacun sa passion. Ca n’était pas la mienne. Mais quand on ne roule pas sur l’or, qu’on achète un appartement, et qu’à la visite du pro, on entend toutes les 5 minutes « Houllaaa ! C’est encore de la bidouille à Nénesse ça ! », on sait bien qu’il va falloir s’y coller. A commencer par les installations électriques foireuses du Nénessse précédent.

Alors d’abord, on se lance à contre-cœur. On se coltine la sortie Leroy Merlin avec le beau frère, des étoiles dans les yeux, qui compose la boîte à outil du bricoleur sachant bien bricoler.

Et puis ensuite, on fait ce qu’on nous dit. « Tu perces un trou là, tu mets une attache dans le trou, tu fais passer le fil dedans. » Une fois qu’on nous montre, on y arrive très bien.

Et puis rapidement, vient la révélation. Lumineuse. La lumière dans mon cœur, et l’éclairage dans le salon. Car une fois qu’on constate que les trous, les attaches et les fils qu’on a mis TOUT SEUL, activent des spots superbes qui s’allument, on se sent fier. Très fier. Oui, moi, j’ai fait la lumière.

Alban est passé à autre chose, mais moi j’ai encore fait des tas de trous, mis des tas d’attaches, et illuminé des tas de lampes. Le virus m’a atteint, et une fois que j’avais mis des lumières partout, je me suis diversifié : électricité, plâtre, bois.

Toujours plus haut, toujours plus grand, jusqu’à ma grande œuvre, ma création, mon projet de moi que c’est moi que je l’ai fait : une bibliothèque énorme, qui prend tout le mur du salon, avec des lumières dedans, et des tas d’étagères sur mesure.

Des semaines de coupage, de recoupage, de vis et de tournevis, de marteau et de pouces écrasés, d’avancées et de reculs, d’odeurs de vernis et de copeaux de bois sous les pieds, mais à la fin, la voilà : grande, solide, audacieuse, couleur acajou, pleine de livres, pleine de charme, magnifique, élancée, ingénieuse, superbe. Avec une place pour chaque chose, et pour chaque chose une place.

Attendu comme le messie, Alban découvre mes avancées, et ma grande œuvre. La vue d’ensemble en jette. Le problème avec Alban, c’est qu’il regarde aussi les détails. Il touche une étagère mal fixée, qui manque de tomber. Il s’arrête devant des fixations bancales. Il observe des vis très mal vissées. Il ne dit pas grand-chose, pour ne pas me vexer, mais j’ai compris. J’ai fait de la bidouille à nénesse.

Le bricolage, je ne vais pas vous dire que ça s’apprend les doigts dans le nez. Mais c’est pas ce qui compte. Ce qui compte, c’est le plaisir d’imaginer, de créer, de réaliser.

C’est de faire sa bidouille à soi. Et à force de bidouiller, on progresse. Alors oui, bidouillons, laissons s’exprimer le Nénesse qui est en nous. Car Nénesse, c’est la porte d’entrée pour devenir Alban.

Et car si on ne devient pas Alban en un jour, dans chacun de nous, il y a un nénesse qui sommeille.

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Pratiquer la musique en amateur : le plaisir des grands.

Au pays où Jack Lang inventa un beau soir d’été de 1982  la Fête de la Musique, la pratique musicale amateur ne cesse de croître. On estime à plus de 15 millions les Français de plus de 15 ans qui pratiquent un instrument de musique comme simple loisir. Ce qui les réunit: la rencontre avec l’art et avec l’autre et le plaisir de cette échanges sans mots mais au diapason. Et je sais de quoi je parle! Depuis une vingtaine d’année, j’ai repris ma flûte traversière après avoir fréquenté le conservatoire quand j’étais enfant. La revanche de l’apprentissage contraint à la pratique multiple et libre.

Je ne connaissais que le classique. Mais j’ai approfondi depuis quelques années la musique trad’. Le groupe s’appelle le GOTTEM. Il réunit des adultes de tous les âges et des adolescents. Il y a Martine et Flora deux anciennes instits qui se sont mises aux percussions. Il y a Maëlle, 16 ans clarinettiste et accordéoniste et qui bientôt va se mettre au cor. Moi, je joue de la flûte traversière: un instrument qu’on retrouve surtout dans le classique et dans le jazz. Mais moi ce qui m’intéresse, c’est la musique d’Europe de l’Est parce qu’elle est nomade. Et en particulier la musique klezmer, celle que jouaient les Klezmorim, ces musiciens juifs itinérants qui animaient baptêmes, Bar Mitsva et mariages.

Festivals amateurs

Et cette année le GOTTEM, c’est le nom de notre groupe, s’est fixé un objectif: participer au festival Trad en Fête de la Grange Rouge. La Grange Rouge est une ancienne ferme bressane du 17ème siècle, en pleine campagne non loin de Louhans. Le festival propose à tous les musiciens, danseurs, luthiers, passionnés du répertoire traditionnel et folk de se rencontrer, jouer et danser ensemble. L’organisation est celle d’un vrai festival pro. Nous croisons des vieilles à roue, des vieux violons et des harpes celtiques.

Notre premier rendez-vous est sur la grande scène à l’heure de l’apéro. Et nous sommes attendus par une ribambelle de danseurs expérimentés dont les jambes et bras en connaissent un rayon sur les danses traditionnelles y compris celles de l’est de l’Europe. Il va falloir jouer sans fausse note et sans trop lire la partition. Au rythme du bodran ou du darbouk, soutenus par les basses de violoncelles, les vents que nous sommes , flûtes et clarinettes assurent la mélodie principale. Plaisir intense de jouer en harmonie ce que nous avons répété toute l’année. Trac et fierté tout à la fois d’être sur la scène. Comme les stars du rock ou de la chanson que j’allais écouter adolescente.

Mais le chavirement c’est de regarder en laissant filer ses doigts, les gens danser. Et ils crient de joie et nous aussi, pour les relancer. Et ils ne veulent jamais s’arrêter: premier, deuxième, troisième mouvement. Et A Capo! On reprend au début. Les épaules me font mal et les doigts ont du mal à suivre. Mais leurs pieds à eux continuent!

Et quand enfin notre chef donne le signal de la fin, en haut comme en bas de la scène, on crie dans une même ferveur. Et on les applaudit presque aussi fort qu’ils nous remercient. Et on se prend quelques secondes pour ces professionnels que l’on encense toute l’année dans les salles de concert.

Myriam

 

 

 

 

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Moi et mon drone : plaisir garanti même par procuration

C’est un plaisir volé, du moins l’idée. Je l’ai piquée à mon père. Droner, et m’échapper.

D’abord je lui déploie ses bras et ses hélices. Je m’apprête à décoller. Et à chaque fois, je meurs de trouille. J’allume la bête, c’est comme cela que je l’appelle. Premiers frissons. « Qu’est-ce que j’ai bien pu oublier ? Le câble de connexion pour le retour vidéo ? Non ça, c’est bon.  Une mise à jour ? Et merde… Oui il lui en faut une, mais tant pis, je prends le risque. »

Des sensations, moi j’en ai quand je vole. Je vole, et je le sens dans mes pieds, dans mes doigts, sur mon visage et dans les regards. Je m’envole, mais en gardant les pieds sur terre. Droner, ça me fait kiffer.

Voler. Dès le début, le mot laissait planer en moi tout un tas de sensations folles. Je m’y voyais déjà, les cheveux en l’air, déployant mes bras, et mon visage se déformant sous l’effet du vent, avant de paniquer en voyant le sol se rapprocher.
A chaque fois que je sors mon drone, je ressens tout cela. Même si je ne vole que par procuration.
Je vous passe les détails pour établir le plan de vol, l’étude des cartes sur Mach 7 pour vérifier si la zone est autorisée de survol. La check-list des dix recommandations établies par le gouvernement pour assurer la légalité de la pratique amateur.

Décollage.
Mes doigts tremblent sur la radio-commande. Les joysticks des consoles vidéo, j’en ai jamais tâté. Je me dis toujours que je vais finir par me crasher. Mais ce qui a de bien avec les drones de dernière génération, c’est leur concentré de technologie.
Vous voulez décoller, envoyer votre drone à 5 kilomètres, et le faire revenir et se poser tout seul ? Il suffit d’appuyer sur un bouton. Le drone peut tout faire, tout seul.

Mais alors, s’il n’y a plus de gêne technique, où est le plaisir ? Je vous vois venir. Vous allez me dire que c’est impossible de s’envoyer en l’air et d’éprouver des sensations en restant passif. Moi je vous assure que si.
Quand je drone, je suis aux aguets.
Je me hérisse au moindre souffle dans mes cheveux : « Trop de vent, et je pourrai perdre le contrôle« . J’ai le regard affûté : « Interdiction formelle de perdre l’engin de vue« . Je me dois d’être douce, et légère dans mon doigté : « un geste brusque, et il part en vrille« .

Voler. Vous remarquerez, je n’emploie jamais le mot piloter. Trop technique pas assez sensuel ce vocable. Droner. Pour moi, c’est avant tout synonyme d’anxiété.
A chaque fois, c’est un vol vers l’inconnu, et le plaisir garanti à la fois.
Vous voulez savoir pourquoi ? Parce qu’à chaque fois que je fais décoller mon drone, je m’offre un nouveau point de vue. Je prends de la hauteur et je vois le monde tout autrement. Les paysages se révèlent. Je peux même faire la course avec des mouettes en bord de mer. Je m’envoie en l’air et c’est super.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’ascension du Puy Mary, le goût partagé de la randonnée

L’ascension du Puy Mary, 1783 mètres. Avec des adolescents en difficultés. Un parcours inoubliable.

C’était en juillet 1990. J’étais moniteur de colonie de vacances. Je m’occupais d’un groupe d’ adolescents de 13 à 16 ans en difficultés. Durant l’année, ces jeunes étaient placés dans des familles d’accueil ou en foyers. Cette année là, la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) de la Gironde les avait envoyés en vacances, au vert, dans le Cantal.

Au cours du séjour, j’avais eu l’idée de partir en randonnée. J’avais choisi de faire l’ascension du Put Mary, 1783 mètres. Nous devions pour cela quitter le centre en minibus et nous installer au camping municipal de Sarlat qui se situe au pied du sommet. De là, nous attendait une longue marche de 20 kms pour arriver jusqu’au sommet.

Mon directeur m’avait mis en garde « C’est trop loin, vous n’y arriverez pas ». Mais il n’y avait pas d’autres point de chute plus près. J’avais envie de tenter le coup, de pousser mes limites, les miennes et celles de ces jeunes adolescents qui trop souvent me paraissaient brimés.

Le matin de la randonnée, nous partîmes de bonne heure. 8 heures précises. La météo était clémente, une belle journée ensoleillée s’annonçait. Nous empruntâmes la petite route goudronnée.

Nous marchions ensemble, d’un bon pas. J’avais gardé secret la distance qui nous séparait de la cime pour ne pas les affoler. Vers 10 heures du matin, nous observions une petite pause pour se restaurer un peu. Il n’y avait pas encore auprès de manifestations de colère.

Nous continuâmes notre route. Le groupe commençait à s’étendre. Je laissais faire. Le sommet paraissait encore bien loin.Vers midi, le soleil était chaud. Véronique fut la première à ne plus vouloir avancer. Il fallait alors user de tact et de psychologie pour qu’elle rejoigne le groupe. A force d’encouragement et de persévérance, je la tirais derrière moi pour qu’elle ne s’arrête pas. Il fallait continuer coûte que coûte.

Nous rattrapâmes le groupe et nous en profitions pour observer la pause déjeuner. A l’ombre des sapins. Le sommet était encore loin mais à portée de vue.

Nous repartîmes rapidement. Un groupe de trois garçons s’était spontanément formé pour mener le groupe. La pente devenait raide et le soleil nous chauffait la tête. Plusieurs jeunes éprouvaient de la fatigue. Les pieds étaient endoloris. Là encore, il fallait faire preuve de caractère pour les encourager à avancer. Je sentais malgré tout chez eux, l’envie d’y arriver.

Nous arrivâmes au col. Vers 15 h. Il restait encore 3 ou 400 mètres de chemin pour parvenir au sommet. Nous montions chacun à notre rythme, la victoire était proche. Arrivés en haut, soûlés par la fatigue, nous fûmes subjugués par la beauté du paysage. Face à nous, côté est, se dressait l’immense barrière rocheuse des Alpes. Au cœur du Massif central, dans les Monts du Cantal, nous observions les Alpes.

Nous restâmes silencieux un bon moment. Quelques jeunes ont tirés de leur poche une cigarette pour fumer. Les interdictions n’avaient pu lieu d’être. Le temps de la méditation était venue. Rien, il n’y avait rien à dire, si ce n’est que nous étions bien tous ensemble devant ce paysage à couper le souffle.

17 h. l’heure du retour avait sonné. Personne ne pouvait plus râler car il n’y avait pas de solution, il fallait avancer pour regagner le campement. Les pieds complètement endoloris, nous avancions à grands pas. Le groupe était complètement disloqué mais j’étais en confiance. nous avions réussi notre marche.

Vers 20 h, nous rentrions au camping. Fourbus, nous avalâmes un bout et nous nous couchions.

Le lendemain, quelle n’était pas notre joie de raconter notre ascension à tout le groupe. Nous étions fiers de nous. A partir de ce jour là, marcher est devenu pour moi un plaisir, une quête à partager.

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« Dans le ventre de la mer »

Des années, des jours, des heures de préparation, pour cet instant. Pour ces secondes. Des secondes qui seront autant de centimètres. Et les minutes, des dizaines de mètres.

J’irai jusqu’à 123 mètres.

 

Le 1er top est donné. Inspiration.

Une longue, une énorme inspiration, la plus grande, la plus profonde possible. Puis d’autres encore, des courtes, en plus, pour comprimer, stocker, engranger l’air, jusqu’à plus soif. Prendre un maximum. Prendre tout. L’air est si précieux.

 

Le 2e top est donné. Impulsion.

Je quitte ce monde. L’eau embrasse mes joues, mon crâne, ma nuque. Elle avale mon torse, mes cuisses, mes palmes.

 

Je ne pense déjà plus à rien. Pour moi, comme pour tout mon corps, il n’y a plus qu’une seule chose qui compte. Mon cœur. Il fait de son mieux pour battre le moins vite possible.

 

Dans les premiers mètres, l’océan m’accepte, mais la surface veut me retenir.  Il faut lutter contre son attraction… Mais elle m’aidera à mon retour.

J’ondule comme un poisson. Je descends la corde, régulièrement, tranquillement. Et les mètres défilent.

10 mètres, 15 mètres, 20 mètres. Petit à petit, la lumière disparaît. L’eau bleuit. Quelques poissons me frôlent. Je m’enfonce dans le bleu. La pression écrase de plus en plus mes poumons. Mais plus elle écrase, plus mon corps chute librement. Je laisse faire.

30 mètres. Le fond m’aspire, je le sens. Je n’ai plus rien à faire, je glisse doucement vers les âbimes.

40 mètres : c’est le « blood shift » les poumons se gorgent de sang pour ne pas colmater sous la pression. Ils durcissent. J’exulte. Je suis un poisson.

50 mètres. C’est la chute libre. L’eau noircit. Je m’enfonce dans le noir. Plus de poissons. Plus de lumière. Seul.

60, 70, 80 mètres. La descente accélère, sans grand efforts. Mon diaphragme est compressé, ma cage thoracique s’enfonce en moi. La pression est immense.

 

Les mètres défilent, mais je ne les compte plus. La pression m’écrase de toutes ses forces.

Je laisse l’eau m’écraser, je lâche totalement prise. Je me sens bien.

Il fait froid. Je suis au-delà des 100 mètres. 110, 115, 120.

 

La pression me protège. Je suis dans mon cocon. Dans les profondeurs du monde. Dans le giron de l’océan. Dans le ventre de la mer.

Son cœur qui bat, ses mouvements, son immensité. Je ressens tout. Je m’y abandonne totalement. Je n’ai pas envie de respirer. Je n’en ai pas besoin.

 

Je le vois. Avec ma lampe, je l’éclaire : le témoin. Il est là. J’y suis. 123 mètres.

La minuscule vie cachée dans le néant, c’est moi. Une minuscule goutte d’eau dans l’océan. Une poussière dans l’immensité. Au milieu d’un bleu profond infini, je suis bien.

Mais il faut remonter.

 

Et il faut lutter contre le fond qui m’attire. Je ne réfléchis pas, je remonte. La course contre le temps commence maintenant.

115, 110, 100 mètres. Je dois lutter contre le fond, mais aussi contre moi-même. Car je sens venir la « narcose », l’ivresse des profondeurs.

Je regarde la corde, pas de panique. J’avance, j’avance, même si je perds le contrôle. Juste avancer. 70m, 60m. Le manque d’air. Ne te précipite pas. Ne regarde pas la surface. Juste l’instant. La corde, les mains, l’ondulation. Le cœur.

 

La lumière, les couleurs, les poissons. La vie. Je sens la chaleur du soleil. Ses rayons traversent l’eau jusqu’à moi.

D’un coup, je vois des mouvements : ce sont les anges de la sécurité. C’est donc que j’arrive à 30m. Un dernier effort. Ils m’escorteront pour les derniers mètres, les plus critiques.

Je commence déjà à expirer. Je relâche mes dernières bulles d’oxygène. Je souffle, mes poumons retrouvent du volume.

J’ai la tête qui tourne. Ca bouge, ça crépite, la mer est en ébullition. Des bulles d’eau et d’oxygène se mêlent les unes aux autres.

Du silence au bruit, de l’obscurité à la lumière, de la douceur de l’eau au frottement de l’air. La mer m’expulse de son giron. Mes poumons se déploient, l’air entre et me brûle un peu.

J’entends un brouhaha. En guise de premier cri, je dois dire : « I’m ok ». Bienvenue au monde.

Je suis là. Je renais. Je reviens d’un très long voyage. Entre deux inspirations.

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L’aventure de Guillaume Néry, champion de France d’apnée

Guillaume Néry est le champion de France en apnée en utilisant la seule force musculaire. Il descend à 123 mètres de profondeur en cinq minutes.

L’apnée est pour lui une aventure qu’il aime faire partager à tout un chacun.

S’il a connut les profondeurs de l’extrême, il dit aussi que n’importe qui peut vivre l’apnée à son niveau.

Si vous n’aimez pas le running, essayer l’apnée.

Un casque et une paire de palme, vous voilà parti dans un autre monde. A deux, trois mètres de profondeur, entre rochers et bans de sable, comme un poisson dans l’eau, vous vous laissez aller à un moment magique. Ne plus respirer, c’est ne plus penser. C’est calmer son mental et relâcher toutes les tensions de son corps. Pour Guillaume Néry, « être en apnée, c’est apprendre à mieux vivre ».

En ces temps tourmentés, une petite dose d’apnée ne nous ferait pas de mal. Pour nous inviter à le faire, dans ces conférences, Guillaume Néry nous fait part de ses sensations :

La dernière inspiration avant votre plongée fait gonfler les poumons d’air. Vous vous enfoncez alors dans le bleu comme un mammifère marin. Un phénomène physiologique apparaît. Votre rythme cardiaque diminue spontanément. Vous passer de 70 pulsations par minutes à 30 ou 40 pulsations/minutes. Vous pouvez alors continuez à descendre.

Plus vous descendez et plus votre corps pèse lourd. Vous n’avez plus besoin de palmer.

C’est le meilleur moment pour Guillaume Néry : « Vous avez l’impression de voler sous l’eau, c’est une grande sensation de liberté ». Cependant, la pression sur les poumons augmente. Vous vous sentez oppressé. Vous aurez envie de résister et de lutter.

Ce n’est pas ce qu’il faut faire. Bien au contraire. Il faut se laisser aller, lâcher prise.

Le corps va alors une nouvelle fois faire preuve d’une grande souplesse. Il va se détendre. Les parois des poumons vont se gorger de sang afin d’éviter l’écrasement. C’est le phénomène du « blood shift ». Vous avez alors dépassé vos limites, vous éprouvez une sensation extraordinaire proche de l’humilité. Guillaume Néry l’exprime ainsi  » Je suis un petit bout de rien perdu dans ce grand tout »ou encore  » je me sens être une poussière d’étoile comme ce petit point bleu qui représente la terre photographiée à plus de 4 milliard de kilomètres par une sonde ». Vous êtes dans le noir absolu, il fait un froid glacial.Vous avez alors le sentiment d’être connecté aux origines du monde.

En même temps, vous vous dites qu’à cet endroit vous n’êtes pas à votre place. Vous avez envie de remonter. Il faut alors produire un effort colossal pour palmer. L’ivresse des profondeur, « la narcose » peut apparaître. Un fort taux d’azote se mélange au sang ce qui brouille les pensées. Il ne faut pas paniquer et rester dans le moment présent. Le soleil apparaît dans les profondeurs, il n’y a plus que le blanc et le noir. C’est poétique.

Quand arrivez à la surface, vous inspirez de nouveau. « C’est une libération et même temps une souffrance, un traumatisme ». Il faut se reconnecter au nouveaux monde. Guillaume Néry a  15 seconde pour retrouver ses esprits et faire un signe au jury.

Alors, çà vous tente ? Pour ma part, je me tâte mais j’essaierai bien quand même.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ecouter la plongée de Guillaume Néry, et en avoir le souffle coupé

Guillaume Néry, champion de France d’apnée à poids constant, ouvre sa conférence par une vidéo.
Là, je l’ai d’abord vu flotter pendant le long décompte des commissaires. Et je l’ai vu partir, descendre au rythme des oscillations de son corps vers les profondeurs et une sombre immensité. Puis je l’ai regardé se jeter sur un point lumineux et prendre une plaque. Et il est remonté, droit dans sa palme, le poing déjà levé avant même d’atteindre la surface.
Je l’ai regardé faire, j’en ai eu le souffle coupé.

L’apnée, je n’y connais rien, si ce n’est que  j’ai dû voir au moins cinquante fois le Grand Bleu à la télé. L’apnée, Guillaume Néry, lui c’est son truc. Il est champion de France. Vous le regardez, et vous comprenez. Vous l’écoutez, et vous aussi vous plongez.

L’apnée, selon le jeune champion, c’est un voyage entre deux inspirations. Un voyage qui laisse des traces sur votre corps et votre esprit. Un voyage qui dure moins de cinq minutes. Un voyage qui vous ramène pourtant aux origines de l’espèce humaine. Un voyage dont votre corps garde souvenir, alors même que vous ne l’avez pas encore entamé.

L’apnée, c’est un voyage qui se mérite. Il faut souffrir avant d’avoir l’ivresse. Se laisser aspirer par le fond avant que vos poumons n’entrent en érection.
L’apnée, c’est toucher le fond.  Se retrouver tout seul dans une nuit glaciale, et malgré cela, « être à sa place ». Penser que vous allez exploser sous la pression, et finir par se sentir bien. « Extraordinairement bien », précise Guillaume Néry.

L’apnée, c’est le voyage du corps et de l’esprit. Lâcher prise pour mieux  repousser  les limites de l’entendement. « Goûter à l’apesanteur, flotter sous l’eau ».
Guillaume Néry est descendu jusqu’à 123 mètres. Avec ce record de France, il pourrait frimer. Mais non. L’apnée lui a appris l’humilité. L’apnée lui a fait se sentir un grain de poussière flottant au milieu du néant.

D’un coup de monopalme, Guillaume Néry dit pouvoir se reconnecter aux origines du monde. Et moi ce que j’en retiens de cette conférence, c’est qu’il faut arrêter de respirer, pour mieux se sentir vivant.

 

 

Aude

 

 

 

 

 

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