Ukraine : la fée des sables entre création et destruction

Une jeune et belle artiste brune aux cheveux arrive sur une scène ukrainienne. Vêtue d’une robe sombre et d’un voile blanc, elle éteint une bougie orange.

D’un pas décidé, elle se dirige vers un pupitre de verre éclairé par dessous. Venu du décor, apparaît un grand écran pour le public. Une musique calme, triste, un violon puis un piano jouent.

Le public plutôt féminin applaudit l’artiste, les mains de la fée s’activent. Le show commence, les doigts s’agitent dans du sable, les premières formes apparaissent. Une route qui monte jusqu’à une ville, deux amoureux sur un banc. Il s’embrassent. Il fait beau. C’est le temps de l’amour.

Le public attend mais essaie d’anticiper, impatient, il accompagne chaque mouvement. Sur la table les grains de sables sont bousculés, déplacés, torturés, jetés, collés. Ils s’unissent pour donner vie à un personnage, une situation. La guerre arrive. Le couple se marrie, lui part à la guerre. Les femmes pleurent. Les bombes tombent. C’est le temps de l’horreur.

Leur vie est courte, la fée, qui s’appelle Kseniya Symonova, l’a décidé ainsi.

Place au prochain, toujours du mouvement, précis, énergique,et cette musique qui pleure. Quelques spectatrices versent une larme, les hommes ont les yeux qui brillent. Un enfant naît. La guerre continue, les femmes pleurent toujours.

Les cœurs battent au rythme des mouvements gracieux de la créatrice.Sur l’écran une tête blonde a aussi la larme à l’œil. Les grains font pleurer les yeux  comme sur Mars,  bref,  on est ailleurs. Un fenêtre se dessine. La femme est là avec son fils. Elle attend. Puis apparaît le père qui revient de la guerre. C’est fini. Ils vont pouvoir être heureux à nouveau.

Les gestes de Kseniya, cette musique,  ce public, nous emportent dans la réflexion. L’émotion de la création perpétuelle, de la destruction, de la vie et de la mort. On voudrait les garder ces petits personnages sympathiques, c’est impossible. Ils apparaissent dans nos vies et disparaissent à l’envi, irrémédiablement.

Après huit minutes, un ultime tableau de sable,  Ksenyia signe la fin de l’histoire et salue.

Fin du film, fin du rêve,  fin du voyage, chameau l’artiste !

DIDIER

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