Ce que les mensonges des enfants nous apprennent

« Mon papa, il a surfé la plus grosse vague du monde ! » Qui a fréquenté les cours de récréation aura forcément entendu ce genre de phrase. Tous les enfants mentent mais avec plus ou moins d’intensité selon les moments de leur vie. Certains de ces mensonges font sourire alors que d’autres devraient alerter. Quels sens donner aux mensonges des enfants ?

Quel qu’il soit, le mensonge a une fonction, il répond à une nécessité psychique de l’enfant, explique Christilla Pellé Douel, journaliste à Psychologies.fr .

Pas de frontière entre réel et imaginaire avant 7 ans

Concernant les jeunes enfants, tous les psys s’accordent pour ne pas utiliser le terme de « mensonge ». Jusqu’à 6-7 ans, le cerveau est physiologiquement immature et ne permet pas de faire la différence entre réalité et imaginaire. Ce n’est pas pour rien que l’on parle alors d’ « âge de raison ». Avant, le récit imaginé fait partie du processus de développement. Le jeune enfant y trouve un moyen d’exercer son pouvoir, de tester ses limites et celles de son entourage. Il y a une certaine magie à recréer le monde… parfois à le casser. Même si cela relève d’avantage du jeu, l’adulte doit montrer à l’enfant que ses affabulations ont des conséquences.

Un mécanisme de protection

A partir de 7 ans, l’enfant sait quand il ne dit pas la réalité. Ce n’est pas pour cela qu’il s’arrête de mentir. Cette re-création du réel devient alors un mécanisme de défense, de protection. Le désir de plaire, notamment, peut pousser l’enfant à travestir la réalité afin de mieux coller aux désirs des adultes, en commençant par ceux des parents. Le mensonge peut aussi être un moyen d’éviter une punition. C’est l’histoire d’Armel, 11 ans, surpris par ses parents en train de regarder la télévision à une heure tardive, et qui feint alors d’être somnanbule.

Les mensonges parlent d’amour

Là où le phénomène devient plus inquiétant, c’est lorsque l’enfant s’enferre dans sa fable et se retrouve comme pris au piège. C’est le cas extrême de l’affaire d’Outreau, dans laquelle 12 enfants mineurs ont accusé 11 adultes de les avoir agressés sexuellement. Leurs propos avaient été validés par deux experts psychologues. En 2004, la majorité des accusés a finalement été acquittée.

Quelle qu’en soit la gravité, un mensonge a toujours une signification. Même s’il peut être vécu comme une trahison par l’adulte, c’est presque toujours l’amour qui cherche à se dire.

Hélène

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