Ornithologues amateurs des villes, bonjour

Merles, mésanges, verdiers, pinsons, mais aussi corneilles ou freux… Le ciel parisien est plein d’oiseaux. Si vous les observez, vous verrez que chacun a ses petites manies et son petit caractère. Tour d’horizon rapide avec deux spécimens.

merle-noir1Matin ensoleillé, 8 h : Oscar le merle lance sa trille enjouée en plein dans mon coltard de salle de bain (trois heures de sommeil). Vite, sortir à l’air libre sur la terrasse. Repérer l’oiseau. Il est là-bas, perché face au soleil, sur la plus haute cheminée du toit. Dans le vaste silence d’un 10e étage parisien, les plumes doucement ébouriffées par la brise légère. Un ciel d’un bleu parfait, un bleu marseillais. Hé l’oiseau, es-tu Oscar ou Leslie (des petits noms – pas vraiment d’oiseaux – que je me suis permise de leur attribuer, gênée de ne pas pouvoir leur demander leur avis) ? Il tourne la tête sans répondre, indifférent ou sur ses gardes. Son bec est jaune vif. A contrejour son plumage m’avait paru légèrement rousseâtre, mais je suis bête ! Il chante, c’est donc un garçon. Les féministes resteront toujours interloquées par la loi des oiseaux : la couleur et la voix sont pour les mâles. Bonjour Oscar, donc. Le merle, on le sait, vit en couple fidèle dans un territoire délimité. Dans la journée je verrai sûrement Leslie mais sans l’entendre, elle. Imaginer la griffure imperceptible des pattes sautillant sur la dalle, me fait sourire.

Autre matin, 11 h : Albert le corbeau chipe des croûtes de pain sur terrasse. Albert ou Julie ? Va savoir. Mâle ou femelle, chez les corvidés, impossible de distinguer. En tout cas, eux-aussi sont fidèles. Je bondis : « Hé ! Mais, c’était pas pour toi !». L’autre sait qu’il n’est qu’à moitié le bienvenu. Il prend soin de me jeter un regard de biais. Avec une délicatesse vorace, il attrape une croûte dans son bec, puis une autre qu’il place en croix sur la première. Le corbeau, on le sait, est doté d’une intelligence que certains humains lui envieraient. Je suis son envol jusqu’au toit-terrasse d’en face, où il va ranger son butin. Il a peut-être des bouches à nourrir ! Mais, méfiance, je me rappelle avoir lu qu’un corbeau nourri par l’homme (ou la femme, notez) peut devenir agressif et revendicatif.  Jusqu’à attaquer la main qui ne le nourrit plus. Oiseau de mauvaise augure, donc ? Vite, jeter les deux autres morceaux par-dessus bord. Cinq minutes plus tard, Albert (disons que c’est lui) est de retour : Je l’entends presque pester : « hé, oh ! Y’en avait quatre ! » Le corbeau sait compter (au moins) jusqu’à 4. Est-ce de la frusrtation ou du dépit que je perçois ? Prise de remords, je jette nonchalamment une miète, sur la toit de mes voisins du dessous. Mais Albert est déjà loin, perché sur une antenne. Sa vue est perçante. Il a compris. Cinq minutes plus tard, Albert a entrainé Julie sur le toit du dessous, c’est l’heure du festin.

 

 

 

 

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