Presse : les fusions se multiplient, les journalistes précaires aussi !

C’est l’heure des grandes manœuvres dans la presse. De nombreuses publications changent de main. Avec, pour conséquence directe, la précarisation accrue des journalistes.

25% de pigistes titulaires de la carte de presse en 2014

25% de journalistes en piges ou CDD en 2014. ©Forumactif.com

Cent postes supprimés en octobre 2015 au sein du groupe Express-Roularta (L’Express, L’Etudiant, Lire…). L’établissement a été racheté en juin par Patrick Drahi, président d’Altice Média Group. Rien de bien extraordinaire, tant les cessions se multiplient dans le secteur de la presse depuis 2010. La Dépêche du midi, La Tribune, Ouest France, etc. tous les titres sont concernés

Résultat : le nombre de journalistes précaires grandit au fur et à mesure que les concentrations dans la presse s’accentuent.

60% de pigistes

Mais qu’entend-on par journaliste précaire ? Quel que soit le média (télé, presse écrite, radio…), les experts du traitement de l’information ne sont pas forcément salariés au sein d’une rédaction. Selon les données statistiques de l’Observatoire des métiers, sur les 36317 journalistes possédant une carte de presse en 2014, 25% travaillent « à la pige » (c’est-à-dire sont payés à la tâche) ou en CDD. Et, sur cette même année, près de 60% des nouveaux titulaires de ce sésame sont en situation de précarité d’emploi.

Des journalistes auto-entrepreneurs ?

La multiplication des plans sociaux dans les groupes de presse va donc grossir les rangs des journalistes en difficulté. Ces opérations de rachat s’inscrivent dans une stratégie de développement qui passe par une diminution de la masse salariale. Non seulement des postes sont supprimés, mais les nouveaux acquéreurs bouleversent les relations de travail. Reworld Média, qui détient depuis juin 2014, Maison & Travaux et Pariscope, privilégie désormais des journalistes autoentrepreneurs ! Ceux-ci ne sont plus payés en pige ni en CDD, mais sur facture…

« J’ai été appelé pour un remplacement… mais on me demandait de facturer mon intervention », « c’était le statut d’auto-entrepreneur ou pas de travail »… : nombreux sont les témoignages sur les blogs professionnels de journalistes confrontés à cette situation.

Or, comme l’a souligné le Syndicat national des journalistes (SNJ) lors d’une réunion le 30 avril 2015, « les honoraires ne constituent pas une forme légale de rémunération des journalistes » puisque ceux-ci n’exercent pas une profession libérale. Un juste rappel de l’article L7113-3 du code du travail qui impose au journaliste indépendant et au pigiste d’être salarié, c’est-à-dire d’être payé en salaire.

Les mutations actuelles sonnent-elles le glas du statut de journaliste ?

Clara

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