Je reviens du monde du silence

Saviez-vous que nous sommes issus d’anciens batraciens et que nous avons tous des aptitudes à nager longtemps sous l’eau sans appareil respiratoire ?

Descendre dans les fonds sous-marins, sans respirer, demande beaucoup de concentration et un brin de folie… nous confie Guillaume Nery, champion du monde en apnée.

C’est la tête en bas que je vais descendre en apnée. Pour me protéger du froid que je vais ressentir au fur et à mesure de ma descente, je suis revétu d’une combinaison en néoprène. Je me propulse avec une seule grande palme. Je dois ressembler à une grande Sirène.

Au bout de quelques mètres, comme dans le corps d’un dauphin, mon coeur descend à 30 pulsations par minute et mes fonctions vitales ralentissent.

En descendant, je n’ai que trés peu de vision périphérique. Mon seul repére est la corde tendue verticalement entre la surface et la bouée immergée à 123 mètres.

A partir de 40 mètres, je suis attiré par le fond. Je découvre une impressionnante chute libre.

La paroi de mes poumons se modifie, ma cage thoracique se rentre, écrasée par le début de pression.

Ce n’est pas désagréable, j’aime sentir l’eau me prendre dans ses bras.

Il me faut quatre minutes pour atteindre la bouée repère des 123 métres. Je suis dans l’obscurité, seule la bouée repère et le câble sont éclairés.

J’ai battu mon record. L’enthousiasme de la descente et de la compétition ont disparu. Je commence à avoir froid. Mes poumons veulent respirer, mais c’est impossible. Je dois rejoindre la surface, mais je dois m’interdire de lever la tête vers le haut. Je ne dois regarder que la corde tendue. Des sensations bizarres envahissent mes pensées, c’est un début de narcose.

Je me prends à entrer dans une sorte de de rêve, pour éviter de penser à mon corps.

J’imagine n’être qu’un grain de poussière dans cet océan.

Suis-je entrain de vivre les dangers du passage entre le conscient et l’inconscient ? Certains nageurs en apnée ont ainsi perdu la vie en s’imaginant s’être transformés en poisson.

Je ne dois pas me mettre en danger. Je dois remonter. Ma place est à la surface. Je ne suis pas un dauphin, même si j’en rêve.

A cette profondeur, mon corps, victime de la pression, est devenu lourd. Je dois exercer un effort trés puissant pour commencer ma remontée.

Les chiffres inscrits sur la corde m’indiquent que je remonte. Ce sont mes seuls repéres dans cet univers marin.

Mes bras sont dirigés vers la surface, mes jambes et mon corps ondulent doucement.

Quand je vois deux plongeurs apnéistes me rejoindre, je sais que je ne suis qu’à une trentaine de mètres de la surface. Je suis rassuré, je ne risque plus rien. Je vois des ombres de bateaux à la surface.

Mes poumons commencent à reprendre leur volume. J’ai un besoin urgent de respirer…

Ouf.. J’apparais à la surface. Mais je regrette déja la douceur du monde sous-marin. J’ai quitté le silence du grand bleu pour être accueilli par les acclamations du public.

 

 

 

 

 

 

 

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