Le jour où jardiner est devenu ma passion

Comment la restauration d’une maison avec jardin s’est transformée en passion pour l’horticulture.

 

A la fin du mois de juin, le spectacle est total. Contre les murs de la maison, au soleil, les rosiers ouvrent le bal. Princesse de Kent, Henri Salvador, Summer Song, Cacao Hot : tout le monde est là. Boutons dressés, pétales déployés, chacun arbore son manteau de fleurs annonçant l’été.

rosier-anglais-austin--princess-alexandra-of-kent--zausmerchant-p-image-34185-grande.jpg

http://http://www.pepinieres-dima.com/images.php/?f=products/summer-song-2.jpg.jpg&w=300&h=300&c=1

A leurs pieds, un tapis de capucines couvre le sol de larges feuilles débonnaires. Les fleurs viendront un peu plus tard. La capucine, c’est la plante la plus sympa des jardins. On a presque envie de lui parler. Un végétal qui transmet sa bonhomie. Ses longues tiges rampantes caressent les chevilles quand on passe devant. Monet l’avait bien compris. A Giverny, il existe une allée bordée de milliers de capucines. Une vision quand elles sont toutes fleuries.

Pourtant, à contempler mon beau jardin, ça n’était pas gagné d’avance. Jamais je n’aurais eu l’idée de mettre les mains dans la terre pour le plaisir. Aujourd’hui, c’est devenu ma passion. Un refuge, un anti-stress, et un espace de liberté.

Tout a commencé quand Pascal, mon compagnon, a décidé d’acheter une petite maison à retaper à 60 km de Paris. « Il y a un grand jardin…mais tout reste à faire ». Ça, ça voulait dire : « Je m’occupe de l’intérieur, et TU t’occupes de l’extérieur ».

Si j’étais prête à passer les fins de semaine à la campagne, je n’étais pas sûre d’avoir envie de me transformer en Alain Baraton du dimanche. J’allais ruiner mes mains, je n’y connaissais strictement rien. Je m’imaginais en train de faire du compost avec les détritus ménagers. Surveiller ça comme le lait sur le feu. Remuer soigneusement pour vérifier l’état de décomposition de la chose. La présence des vers de terre, l’odeur de pourriture. Un vrai cauchemar. « T’es peut-être pas obligée de t’infliger la totale ! Commence par faire un ou deux trous et tu verras », me conseille Pascal.

Va pour un ou deux trous. Après un passage à la jardinerie, je ramène deux rosiers. Crown Princess Margaret, un anglais aux fleurs en forme de coque, orange, à la floraison abondante. Et un rosier blanc. Pierre Arditi. C’est marrant, ce n’est pas la couleur que j’aurais spontanément attribuée à cet acteur tonitruant. Mais, allons-y Pierrot ! Commençons par toi.

 

C’était sans compter la caillasse en dessous. J’ai dû m’acharner pendant un bon quart d’heure pour creuser un trou correct, dans le froid glacé d’un après-midi de mars. La terre collait, mes mains me faisaient mal, à quatre pattes sur le sol, je me disais : « Mais qu’est-ce que tu essayes de prouver là ? Franchement ». Après ça, une bonne rasade de sang séché mélangé au terreau , et voilà le Pierrot enseveli jusqu’à son point de greffe. Margaret à nous deux.

Quand tout a été fini, j’étais morte, crevée, HS. Mais ravie. C’était le début de quelque chose. Ils étaient là tous les deux, plantés côte-à-côte, et j’avais déjà hâte de les voir grandir. J’ai compris que jardiner signifiait beaucoup plus que « planter des végétaux ». C’était gratifiant. Un contact intime avec la nature. Un échange, un lien qui commençait à naître. Trois ans plus tard, Crown Princess Margaret mesure deux mètres de haut, c’est ma merveille. Quand elle est au maximum de sa floraison, elle porte presque cent roses sur ses branches. Alors je m’approche d’elle pour sentir son parfum, je la regarde et lui dis merci.

Edwige

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s