La plongée en apnée, un bain de sensations pour retourner aux origines du monde

Plonger en apnée, c’est se reconnecter aux origines, aux origines du monde, aux origines de soi.

Le rythme cardiaque chute en quelques secondes, le sang quitte les extrémités du corps pour rester disponibles pour les organes nobles. Un mécanisme inné, un point commun avec les mammifères marins, un souvenir de cette époque où la vie avait démarré sous l’eau.

A 35-40 mètres, c’est le meilleur moment, on se sent comme aspiré par le fond. On vole sous l’eau, on est envahi d’une sensation de liberté incroyable. La pression est tellement forte qu’elle écrase les poumons, le corps est lourd, dense, il n’y a plus besoin de palmer, le corps chute tout seul.

A 60-70 mètres, la pression est encore plus forte, on la sent physiquement, c’est désagréable. Le 1er reflexe -si humain-, c’est de résister, de lutter. Mais il faut se laisser faire. L’eau devient comme un cocon protecteur.

A 123 mètres, on arrive au bout du voyage. On est seul, il n’ y a plus de lumière, le froid est glacial. Avec la pression, on se sent comme écrabouillé. Ce devrait être un moment d’horreur intégral. C’est tout l’inverse. On se sent bien, on n’a plus aucune envie de respirer, on est une petite goutte d’eau perdue dans l’océan, « a pale blue dot ». Un petit point bleu. Lorsque la sonde Voyager a photographié la Terre, elle est apparue comme ça, « a pale blue dot » perdu au milieu de l’immensité de l’univers. Humilité. Nous ne sommes  rien au milieu de ce grand tout.

Mais il faut penser à remonter car au fond de l’eau, l’homme n’a pas sa place.

L’effort est colossal, il faut palmer deux fois plus fort. On est également victime de l’ivresse des profondeur : l’azote dans le sang trouble la conscience, les idées s’enchevêtrent, la frontière avec l’inconscient devient poreuse.

L’envie de respirer revient, la tentation est grande de regarder vers la surface. Ne pas y céder, ce serait la panique. Il faut rester concentré sur l’instant présent. Au fur et à mesure de la remontée, les poumons retrouvent leur volume normal. Quand l’air rentre enfin, c’est comme une renaissance, une délivrance. On passe du silence au brouhaha, le goût, le toucher, l’odorat, tous les sens sont perturbés de passer d’un milieu à l’autre.

Plonger en apnée c’est une vrai moment de poésie : on arrête de respirer, on arrête de penser, on calme le mental. On goûte l’apesanteur, on flotte, c’est un tête à tête avec le corps, le mental et l’esprit. On se reconnecte à ses origines.

 

Stéphanie

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s