Plongée en apnée à -123m : histoire d’un voyage intérieur

Dans cette vidéo, voici l’aventure extraordinaire d’un homme ordinaire. Guillaume Néry.  L’histoire d’une plongée abyssale. Presque d’un rendez-vous. Avec un record du monde, avec des sensations introuvables sur terre. Avec lui-même. Récit humain d’un extra-terrestre. 

Ce jour là, Guillaume Néry, plongeur apnéiste de l’extrême, est étendu à la surface de l’eau. Son équipe de plongeurs l’entoure, tandis que, dans les haut-parleurs, retentit le compte à rebours des juges officiels du record du monde .
Plus quelques inspirations, et c’est l’adieu aux terriens.
Le corps moulé dans une combinaison lisse et prolongée d’une grande mono palme,  la silhouette effilée de Guillaume Néry prend une allure d’homme anguille.
Vers -30m,  la pression concentre le sang  autour des organes vitaux. La température et la lumière baissent. Le coeur passe en mode  »ralenti ».

La chute libre vers le néant se poursuit le long de la corde raide, le sang de Guillaume Néry  s’est densifié autour des poumons comme un ultime barrage thoracique. Le diaphragme s’est progressivement enfoncé, le nageur n’a pas lutté contre plus fort que lui.
Les – 100m, sensés représenter les limites humaines, sont passés.

La lumière n’existe quasiment plus, le froid enveloppe le nageur. C’est la nuit froide et pourtant Guillaume Néry se sent bien.
Parallèlement à sa descente, il a entrepris un voyage intérieur. Il compose avec tous ces éléments, ne lutte pas contre eux, accepte les lois de la nature, comme le font naturellement tous les mammifères marins.

-123m, dans l’obscurité, la cible apparait.

L’équivalent de 13 pressions atmosphériques pèse sur l’apnéiste. Guillaume Néry est assez conscient pour emporter la petite plaque magique et entame sa remontée, mais attention à la narcose. Cette ivresse des profondeurs qui pourrait tout gâcher. Ne pas lutter mais garder le cap sur l’objectif, le nageur doit contrôler tous ses sens.

L’apnéiste retrouve les sensations perdues à la descente, la lumière, la température, la pression plus faible.
-30m, les plongeurs de son équipe sont là, mais le plus dangereux est à venir.

En quelques secondes, le corps et le mental de Guillaume Néry vont devoir assimiler tous les paramètre de ce retour à la surface. Expulser ce qui reste dans les poumons  pour capter un nouvel oxygène qui profitera aussi au cœur et au cerveau.
Avant de laisser éclater sa  joie avec ses proches, Guillaume Néry devra se rappeler de la formule à prononcer  face aux juges pour que le record soit validé :

I’m ok ! Je vais bien.

 

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