Paris by deux chevaux : ça décoiffe

La 2 CV, la Dedeuche, celle que chacun appelait affectueusement « Titine » est menacée de disparaître du décor parisien pour cause de protection de la planète. Ce symbole universel de la France, aussi fort que le béret, la baguette de pain ou la tour Eiffel risque d’être rayé de la mémoire collective. Heureusement, la résistance s’installe.

Visiter Paris en 2CV est une immersion totale dans ce que le monde entier nous envie : la « french way of life », ce mode de vie inimitable fait d’insouciance, de désinvolture et de mépris total des règles de conduite.
La 2CV c’est tout ça en quatre roues, une capote et deux cylindres.
Qui n’a jamais chevauché une 2 CV a raté un grand moment d’émotion.

Déjà la prise en main est une aventure :
L’ouverture de la porte se fait à l’envers, défiant toutes les règles de l’aérodynamisme. L’installation du corps sur la banquette provoque une réaction immédiate des suspensions généreuses, induisant une agréable sensation de flottement, comparable au roulis d’un bateau dans la houle. Pour peu qu’il fasse beau, on décapote. Mais pas un petit bout de toit pour un petit bout de ciel. Non ! Tout s’enlève, se roule et se fait oublier. Et quand le roulis s’associe aux grands horizons, on voit Paris sous un autre angle.
Pour peu que le chauffeur soit un peu taquin, il fera quelque chose que seul un pilote aguerri  de 2CV sait faire : un démarrage « piqué à la machine », qui ressemble plus à une crise de hoquet qu’à une voiture qui quitte son arrêt. Pas de levier de vitesses au plancher mais un pommeau sortant du tableau de bord qui peut aussi servir de porte parapluie quand il pleut : première, on tire, deuxième on pousse en pivotant, troisième on re-tire. Et si le pilote ne maîtrise pas parfaitement le double débrayage, la crise de hoquet peut durer. Un moteur de 425 centimètre cube à dompter, c’est pas une mince affaire…

Et le bruit, ah ! le bruit des deux cylindres à plein régime : rien à voir avec le feulement sourd des grosses japonaises. Ici c’est plutôt un éternuement permanent, quand le hoquet a disparu.
Le plus grisant, c’est quand le virage arrive, à gauche ou à droite et que la voiture, se laissant aller, va pencher spectaculairement vers l’extérieur. Comme sur un bateau, l’équipage va se mettre en rappel, instinctivement. Mais de mémoire de pilote, jamais une 2CV ne s’est retrouvée sur le flanc.

Se promener en 2CV, c’est un peu comme un tour de manège en plein air. L’air qui s’engouffre dans l’habitacle fait vite oublier que les vélos nous doublent. Pas la peine de se tordre le cou pour voir la Tour Eiffel ou les coupoles de Montmartre, il suffit juste de lever la tête.
L’équiper d’un moteur électrique est sans doute une hérésie. Les constructeurs prévoient la sonorisation de l’habitacle, avec les hoquets et les éternuements. Les sensations seront sûrement les mêmes :  impression d’excès de vitesse permanent, vent à couper le souffle. En deux chevaux, vous ferez partie du paysage plus que partout ailleurs. Vous n’aurez plus besoin de Photoshop pour faire croire que vous y étiez. Vous y serez, vraiment.

François

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