Guillaume Néry, champion de l’apnée et ambassadeur des eaux profondes

 

Guillaume Néry est un champion du monde d’apnée français. Ce spécialiste des eaux profondes  détient plusieurs records. Plongée dans le grand bleu, pour des sensations fortes.

Il a longtemps refait le film de cette plongée dans le grand bleu. Un matin de novembre 2012,  au Bahamas,  Guillaume Nery est sacré champion du monde de l’apnée. Sur le spot unique du Deans Blue Hole, il s’apprête à descendre à 123 mètres de profondeur sans assistance respiratoire. Après une lente, longue et profonde inspiration, l’apnéiste français s’enfonce dans le bleu infini.  En surface, il a emmagasiné une bonne  provision d’air dans les poumons. La pression est de plus en plus forte. Le mouvement de sa palme le propulse aux 35 mètres. Il entame la descente comme une chute libre. Le meilleur moment de la plongée approche. Il ne fait plus aucun mouvement. Guillaume se laisse glisser vers le fond. 40 mètres, 50 mètres, il ne tente aucune résistance face aux éléments. Impossible de respirer, les parois des poumons sont engorgés de sang. La pression est énorme. Enfin  la barre mythique des 100 mètres.  Il dépasse ses limites et le record de Jacques Maillol, premier homme à atteindre cette profondeur, en 1976.

Tout seul dans l’infini étendu de la mer des Caraïbes. Personne à l’horizon à 360 degrés. Dans ces profondeurs plus un filet de lumière. Il atteint 115, 120 mètres. Un autre monde défile. Il est sombre mais il s’y sent comme dans un cocon.  Ce monde le renvoie à  ses origines. Enfin, il aperçoit la balise des 123 mètres. Il touche le Graal du bout des doigts. Il décroche la petite plaque, preuve de son record. La pression  écrabouille ses poumons. Pourtant  Guillaume Néry précise « quand je suis au fond, je me sens bien. J’ai aucune envie de respirer. Je suis une petite goutte d’eau dans l’océan. Je suis comme le petit point. C’est la planète terre dans le cosmos. Je ressemble à un grain de poussière, une poussière d’étoile dans au fond de l’ infini.  C’est une sensation d’humilité ».

Guillaume entame la remontée. Il doit fournir un effort colossal. La palme est un plomb, de plus en plus lourde à cette profondeur. Mais une sensation de total liberté le gagne. Son corps, son esprit sont en lévitation. Ils planent. L’apnéiste ne tient pas à contrôler.   La narcose, l’ivresse des profondeurs le guette. Guillaume peut rapidement perdre pied. Il dépasse les 70 m. Plus que quelques mètres et ses anges gardiens, les plongeurs de sécurité, seront à ses côtés. Mais il se défend de lever la tête vers la surface. Le regard reste droit vers l’infini. Plus que 30 mètres,  et c’est la délivrance. Son escorte l’entoure et remonte dans son sillon. Mais prudence, les dangers sont toujours présents. Une syncope peut toujours le happer.  5 mètres, plus que quelques secondes et le voyage touche à sa fin. Un rayon de lumière l’aveugle. La surface est en vue. L’air rentre dans les poumons. La première inspiration en surface est inoubliable. Après 3 minutes 31 de plongée, c’est une renaissance. Guillaume Néry passe dee l’obscurité aux projecteurs.  « Je passe du monde du silence au brouhaha « . Ses poumons se déploient.  15 secondes seront nécessaires pour faire le signe tant attendu du Ok. Immédiatement, l’approbation des juges entérine son record. 123 mètres. C’est le sacre pour l’apnéiste français et la fin du voyage dans le grand bleu.

 

 

 

 

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