Record en apnée profonde, un voyage au de-là des limites pour un poisson nommé Guillaume Néry

Moins 123 mètres sous l’eau, un monde que seul connaît l’apnéiste français Guillaume Néry, une plongée réalisée aux Bahamas en 2013, aujourd’hui 3 ans après l’histoire donne toujours le frisson.

Le ciel bleu, une mer calme, juste le bruit du ressac sur les rochers et pourtant l’histoire va s’accélérer. Dans cette crique réputée des Bahamas, pour sa fosse marine, l’apnéiste français Guillaume Néry va tenter l’exploit. Une descente à moins 123 mètres, poids constant, sans aide d’un lest, juste avec la propulsion d’une mono-palme.

Arrivé depuis plusieurs jours avec son équipe, Guillaume Néry est prêt au moment où les juges lui donnent le top départ. Une inspiration profonde, lente, « je fais la carpe pour mieux remplir mes poumons », précise t’il, des petites inspirations  lui permettent de gagner deux litres d’air en plus pour atteindre environ dix litres.

Pour lui, le ciel azur va disparaître, le temps changé de dimension, le bleu des profondeurs l’accueille. Premiers mètres, « je sais à quoi m’attendre, passés les 30, mon corps change de programme, le sang alimente en priorité les organes majeurs, ma tête, mon cœur, mon cerveau. La sensation est là, je m’enfonce dans ce nuage bleu ». Passés 40, happé par la profondeur, le plongeur ressent alors l’effet de la chute libre, une sensation de légèreté. Passés 60, place à l’érection pulmonaire, un phénomène pas agréable qu’il ne faut pas combattre. Les poumons gorgés de sang se protègent, un retour à nos origines d’amphibien. Tout va alors de plus en plus vite, la surface est loin et l’apnéiste continue sa descente. Passés 80, nouvelle sensation, le corps résiste comme s’il voulait ne plus s’enfoncer, une fois encore il faut laisser faire,  » mon corps se détend, je passe les 100 mètres, un chiffre mythique, une limite pour la science ».

Un instant après, Guillaume Néry voit l’arrivée, moins 123 mètres, il touche la plaque, un nouveau départ, celui du retour vers l’air libre. Un instant comme une éternité « je ne suis rien dans ce grand tout ».  L’effort pour le plongeur est alors très important, une ondulation brutale, à le regarder, on dirait un dauphin. Moment particulier, retour à moins 70 mètres l’ivresse est là, et pourtant il ne faut surtout pas boire la tasse, encore une sensation à oublier pour réussir sa remontée. Oubliée la surface, ne pas y penser,  Guillaume Néry atteint les 30 mètres,  » mon équipe est là, je ne suis plus seul », une zone critique où les problèmes de plongée peuvent arriver. Plus de trois minutes après le départ, le plongeur niçois voit arriver la surface, il expire ses derniers instants, et atteint l’air libre. Une inspiration profonde, l’être en sommeil se réveille, Guillaume a 15 secondes pour valider sa performance auprès des juges, Un signe pour dire tout va bien, le record à 123 mètres est validé par un carton blanc. Guillaume Néry, ses amis, ses coéquipiers peuvent alors plonger de joie, une ivresse bien réel celle-là.

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