Road trip en solo en Ecosse : des rencontres au bout du chemin

Accoudée au comptoir, Emmanuelle écoute, amusée, les histoires de ses camarades d’un soir. Et répond à leurs questions dans un anglais spontané. Les locaux en voient rarement des touristes sur l’île de Lewis. La Française suscite la curiosité. Et l’échange. Ça tombe bien, c’est ce qu’elle est venue chercher en poussant la porte de ce pub écossais. « Parler à des gens qui n’ont rien à voir avec moi, c’est ce que j’adore dans ce type de voyage, confie-t-elle. Ils me racontent leur vie et apprécient que je fasse l’effort de parler leur langue. »

La vie semble rude sur cette île du Nord-Ouest de l’Ecosse. Les maisons sont grises, les territoires dépeuplées, les paysages sauvages. En plein mois d’août, Emmanuelle pensait croiser du monde. A tort. « Lewis c’est le no man’s land », se souvient la voyageuse. « Ici, soit t’es pêcheur, soit t’es plongeur, c’est un peu la misère ».

De B&B en campings

Cette étape insulaire marque la fin de son périple de trois semaines dans cette province du Royaume-Uni. Un voyage qui ne s’est pas tout à fait passé comme prévu. La copine qui devait la retrouver dans le sud de l’Angleterre lui fait faux bond peu avant le départ. Tant pis, Emmanuelle prendra seule la route. Direction l’Ecosse. Voyager en solo ne lui fait pas peur. Et puis, elle a besoin d’air, de grands espaces. Ses contrats qui s’enchaînent en intermittence à Paris la fatiguent. Elle mérite ses vacances et rêve d’aventures.

Après un passage rapide à Edimbourg, elle fonce vers le Nord du pays, dormant les premières nuits dans des B&B. Las de ne croiser que des couples ou des familles, elle opte pour le camping sous la tente, dans l’espoir de faire des rencontres. « A l’étranger, je suis moins timide qu’en France, analyse-t-elle, j’ai le plaisir de parler une autre langue, le désir de communiquer ». Et ça paye.

Des rencontres improvisées

Dans ce qui ressemble plus à un parking qu’à un camping, elle fait la connaissance de Mandy, une Anglaise qui vit à Glasgow et voyage seule, elle aussi. Très vite, les deux femmes partagent un verre, une randonnée, une virée aux pubs. Et finalement elles font un petit bout de chemin ensemble. Leur route croise celle d’un Ecossais d’une cinquantaine d’années « aventurier, fantasque, drôle ». John est l’un de ces hommes aux multiples vies qui fait rêver ceux qui n’en qu’ont une. Tantôt pêcheur, ouvrier, photographe, il s’est reconvertie en éleveur de saumons dans le Nord du pays.

Pendant quelques jours, le trio improvisé se balade en forêt, admire la nature, les couchers de soleil. Et ces ciels écossais si particuliers. Des moments partagés dont Emmanuelle se souvient encore treize ans après et qui illustrent si bien son leitmotiv en voyage : « Les rencontres plus que les paysages ».

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