Le théâtre : de la danse, comme une évidence

Je croyais qu’un comédien savait mentir. Je m’étais complètement trompée. Etre en osmose.

J’ai essayé d’apprendre à jouer un jour, de prendre des cours de théâtre. J’y allais à tâtons, je n’étais pas convaincue, car je croyais qu’un bon comédien savait mentir et que cela ne pouvait être moi … Mais y avait quelque chose qui m’attirait, j’aime parler, j’ai de la voix et un texte peut toucher ma sensibilité. Pour le premier cours, quand on m’a demandé d’essayer de jouer un texte seule, j’étais évidemment juste un peu tétanisée. Mais c’était une peur dynamisante. Je me suis lâchée, j’ai essayé d’être vraie, de dire comme je  ressentais les choses avec mes tripes, vite, très vite. La peur me faisait plonger dans le vide. C’est çà que j’ai aimé, pouvoir juste être moi, libre, ne pas réfléchir, foncer. C’était un texte d’Obaldia, une femme à la fenêtre qui demande à son mari ou à son amant de partir … J’étais à fond et j’entendais rire, un peu. Oui j’ai bien entendu, je jubile et au lieu de perdre mes moyens, je suis comme portée.

Jouer avec d’autres m’a aussi beaucoup appris : on ne se connait pas forcément, on est très différent et la peur, l’envie de se donner nous aide à rencontrer, découvrir.

Croire et y aller a fond

Quand celui avec qui vous jouez, doit vous frapper, par ce qu’il joue l’alcoolique dans une pièce de Molière, il faut y croire sans pour autant se faire mal, imaginer, être comme une éponge, à l’écoute de l’autre.

Des mots et de l’humour qui touchent

Un jour, à Avignon,  je vois « Le roi se meurt » de Ionesco et c’est une révélation : un homme et pas n’importe lequel, un roi meurt, une femme le refuse, une autre l’accepte. Le texte est simple et incarné, il vit avec ces gens sur scène; j’en rit et j’en pleure. Je viens  juste de faire une parenthèse sur la vie « réelle » et pourtant j’ai l’impression d’avoir vécu 10 fois plus en une heure de temps.

C’est çà que j’aime, être subjuguée, avoir comme une révélation. Alors çà n’arrive pas souvent, car j’en ai vu des pièces après. Mais quand çà arrive, c’est magique.

Roméo et Juliette parlent avec leur corps

Une autre pièce « Roméo et Juliette » mis en scène par un russe, en russe surtitrée m’a fait vibrer. Pourquoi me direz vous allez voir du Shakespeare, en russe, une histoire d’amour un peu gnan gnan qui a priori ne me parlait pas du tout ! et bien oui : c’est pas forcément le sujet qui touche, mais la façon d’en parler !! Roméo et Juliette parlent avec leur corps, alors en russe ou en japonais, c’était pas grave, j’étais comme hypnotisée.

La violence de la pièce « Une envie de tuer sur le bout de la langue » de Xavier Durringer m’avait fait le même effet, car le corps des acteurs parlait, c’était comme de la danse, une évidence.

 

 

Emmanuelle

 

 

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