premiers pas sur le dos de mon cheval

A trois ans Bahia, cheval pure race espagnol, frissonne encore au contact de ma main sur sa robe grise. La pouliche me connaît pourtant depuis sa naissance. Elle hésite encore à m’accorder sa confiance, totalement. L’épreuve test, l’ultime rite de passage pour devenir monture sera de m’accepter sur son dos puissant. Et pour moi l’instant magique et effrayant : passer la jambe, l’envelopper, provoquer le contact intrusif de mon corps sur le sien, m’imposer comme guide dans une relation privilégiée.

entre terre et ciel

Quitter la terre ferme : une épreuve pour moi aussi. Mon coeur bat. Cyril mon compagnon est à côté.. au cas où… il tient le licol. C’est le moment. Pas d’hésitation au risque d’anéantir des mois de préparation. Ne pas transmettre mon stress à l’innocente. Appui sur l’étrier. Couchée sur son encolure je garde le contact et passe la jambe en douceur mais franchement. Je lui parle, la rassure « écoute bahia, prête moi ton dos, c’est bien, tout va bien » plus que les mots l’intonation est calme, déterminée. Ses oreilles s’animent mais me disent que tout va bien de son côté. Bahia est calme, attentive, peut-être rassurée par l’oeil bienveillant de sa mère à quelques pas de là.

premiers pas à deux

Sous la pression de mes jambes, la jument hésite, elle ne sait pas ce que je veux. Volontaire et cherchant une solution pour me satisfaire, elle avance. Victoire !! Je l’encourage encore et sans cesse, ma voix la porte en avant. Mon corps encore étranger la gêne et ces premiers pas sont gauches, une certaine ivresse semble la gagner, la mienne est jubilatoire.

à toi de voir

C’est elle qui décide. Après quelques mètres de ce tangage comique, la jument comprend. Elle n’est plus seule maître à bord, nous sommes bien deux.. Alors le moment redouté arrive : elle s’arrête et ne veut plus rien savoir. Tout son corps se fige. Ses oreilles m’écoutent mais se couchent un peu fort. Mes encouragements deviennent plus autoritaires. Forcément la confiance s’acquiert par étape, celle- là va être spectaculaire : Bahia se cabre violemment. Elle veut se débarrasser de cette masse encombrante. Je suis le mouvement, accompagne sa verticalité et me colle à elle pour ne pas provoquer la chute en arrière pour elle et pour moi. Surpris par le déséquilibre, le cheval vascille et d’un coup de rein se rétablit sur ses quatre pieds. Alors le temps s’arrête : nous sommes comme deux rescapées sur les rives du fleuve qu’une vague à traversé. Un peu sonnées mais toutes deux indemmnes. L’heure est à la construction d’une relation sans faille, un bonheur de centaure.

Elodie

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