C’est l’histoire d’un voyage … à – 126 mètres en 3 minutes 19

Un voyage en solitaire dans les profondeurs marines, dont l’apnéiste français de 33 ans, Guillaume Néry fait un récit captivant.

Un voyage entre 2 inspirations, vers un autre monde.

Une inspiration au départ, profonde, suivie de quelques appels d’air.

10 litres d’air.

10 litres d’air, c’est la provision nécessaire pour descendre au fond, son corps sera son bagage, la nature, son alliée.

Plonger, partir, quitter le monde pour un instant.

Le rythme cardiaque chute rapidement de 70 à 40 pulsations/minute, le corps fait son job d’autoprotection et redirige naturellement les flux sanguins vers les organes vitaux.

A 40-50 mètres, la pression commence à écraser les poumons, la densité du corps augmente, l’homme, plus lourd, est aspiré par le fond, le plongeur « vole sous l’eau »

La descente est de plus en plus rapide, le bloodshift a rigidifié les parois pulmonaires.

A 80 mètres la pression devient plus forte et plus désagréable et c’est le mental qui entre en jeu : ne pas lutter, accepter que l’élément est plus fort, lâcher-prise et la pression devient protectrice, l’eau enveloppante.

100 mètres, un chiffre mythique pour tous les sportifs, des confins humainement infranchissables en apnée, jusqu’à Jacques Maillol qui a repoussé les limites d’adaptation du corps et ainsi les frontières du monde marin.

123 mètres : le fond. Pourtant ce n’est pas l’arrivée …

Qu’ y a-t-il au fond ? C’est la nuit noire, il fait un froid glacial, le corps subit 13 x plus de pression qu’à la surface et pourtant « je me sens bien, dit Guillaume Néry, je suis un tout petit point dans l’immensité … je n’ai pas envie de respirer »

« Je ne suis pas à ma place », il faut remonter, terminer le voyage.

L’impulsion vers le retour demande un effort physique colossal, qui se cogne à la narcose. L’ivresse des profondeurs brouille la lucidité nécessaire au parcours de retour.

« J’ai envie de respirer » Pas tout de suite, ne pas paniquer, ne pas regarder vers la surface, rester concentré sur l’instant, sur la corde …

Déjà 30 m, les anges-gardiens sont là, les équipiers de Guillaume néry, précieux plongeurs de sécurité, qui vont l’accompagner pour la fin de voyage.

Plus que 5 mètres, il faut expirer pour que les poumons reçoivent l’inspiration de la surface.

Une inspiration délivrance, mais qui a la puissance d’une renaissance, un choc pour tous les sens en même temps …

Pourtant, il faut tout de suite penser au protocole de sortie, 15 sec pour faire signe « I’m OK »

Et le carton blanc, la réponse des juges.

« Raconter l’apnée, montrer la beauté et la poésie de ce monde là » , un partage que propose désormais Guillaume Néry, à travers des films alliant performance, exploration et esthétique, qu’il réalise avec sa compagne.

Stéphanie

 

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