L’apnée, ce voyage extrême

Rencontre avec Guillaume Nery,  33 ans champion français d’apnée en poids constant, spécialiste de l’apnée en profondeur.
Guillaume Nery plonge en une seule inspiration à 123 mètres sous la surface de la mer en 3 minutes 30.

 

« Je commence par faire un travail d’inspiration afin de remplir un maximum d’air dans mes poumons soit environ 10 litres et j’entame ma descente.

La descente vers les profondeurs 

 Mon rythme cardiaque baisse lentement.
La pression écrase mes poumons, le volume d’air chute. Cette phase de chute est le meilleur moment de la plongée, je me sens comme happé par la profondeur de la mer.
Entre 40 et 50 mètres, j’arrive à un nouveau pallier. La paroi de mes poumons va se gorger de sang et ce qui évite l’écrasement de ma cage thoracique.
A partir de 80 mètres, la pression s’accentue, je suis opprimé . L’élément étant plus fort que moi, je dois à tout prix lâcher prise.  Je laisse donc l’eau petit à petit m’écraser jusqu’à éprouver la sensation de me retrouver dans un cocon.
La descente peut désormais continuer.
J’arrive à 100 mètres, un chiffre mythique pour les apnéistes.
Et enfin, j’atteins les 123 mètres !
Je suis seul, dans l’obscurité la plus profonde, c’est glacial.
La pression est énorme.
Mais quand je suis au fond, je sens une totale sensation de bien être m’envahir.
L’envie de respirer n’est plus présente.
Je me sens tout petit comme un grain de poussière qui flotte au milieu du cosmos.
Je me sens humble.
Autour de moi tout n’est que bleu infini, c’est beau et fascinant.
Je décide de repartir à la surface et j’entame la remontée.

La remontée

Je fournis un effort colossal pour remonter du fond. Je ressens alors l’ivresse des profondeurs. Je me laisse faire et perd lentement le contrôle. Je reste dans l’instant présent.
Je ne fixe que la corde qui seule me relie avec la surface, le temps s’accélère.
J’arrive à 30 mètres et là je rejoins les apnéistes de mon équipe. Il m’est important de préciser que l’aventure des profondeurs est avant tout une aventure collective.
A 5 mètres, je commence à souffler l’air.
J’arrive à la surface, l’air rentre dans mes poumons qui se déploient. C’est une délivrance.
La transition est violente, c’est un véritable choc . Je passe de l’obscurité à la lumière, du silence le plus total à un terrible brouhaha extérieur.
J’entre dans le protocole de sortie, je fais un signe OK à l’équipe afin de signifier que tout va bien et  peux alors enlever mon pince nez .
Je peux alors savourer pleinement mon exploit.

L’apnée est un voyage extrême,  un voyage vers l’inconnu.
Arrêter de respirer, c’est également arrêter de penser. Se laisser flotter, goûter à l’apesanteur permet de se relâcher complètement et de se laisser aller à l’abandon.
Le corps et le mental sont alors apaisés .
L’apnée offre cette sensation de faire corps avec l’élément,
Je me sens du coup comme reconnecté aux origines « .

 

Isabelle

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