L’apnée de Guillaume Nery : un voyage extraordinaire en mer profonde

Il vient de battre le record de France. 123 mètres, un jour de juin 2012 aux Bahamas. Une apnée de trois minutes et trente secondes. Un voyage aux frontières des limites humaines. Une parenthèse sensationnelle dans le bleu infini. Entre deux inspirations, Guillaume Nery est homme poisson, il renoue avec la matrice marine. Avec 10 litres d’air dans ses poumons, il se laisse aspirer vers le fond. Son rythme cardiaque a chuté dès les premières secondes. Le flux sanguin a quitté les extrémités de son corps et déjà il rejoint les baleines, les otaries, le peuple sous-marin.

40 mètres : chute libre

La descente se fait alors sans effort. Plus besoin de palmer : « aspiré par le fond, happé par la profondeur, je vole sous l’eau, je glisse » raconte-t-il, « c’est une sensation extraordinaire ». A soixante mètres les poumons se rigidifient pour se protéger de la compression de l’eau. La chute s’accélère, l’oppression est une sensation désagréable qu’il faut ignorer. Ne pas résister, ne pas lutter contre la puissance de l’élément : « la nature est plus forte, j’accepte cette pression, je lâche prise, c’est une sensation de cocon qui m’envahit »

100 mètres : et après ?

100 mètres c’est le chiffre mythique des sportifs, des records. En apnée, Jacques Mayol a cassé cette limite théorique (105 mètres) où le corps est sensé imploser. Guillaume Nery l’a suivi. Il fait froid, le bleu familier est devenu sombre. Pourtant Guillaume se sent bien. Sentiment d’humilité. Il n’est qu’un petit point qui flotte au milieu de la galaxie marine, « je ne suis rien au milieu d’un grand tout » dit-il même. Mais très vite l’envie de respirer revient, il sait qu’il doit remonter, retrouver sa condition de terrien. Il doit affronter le choc de l’ascension : fournir un effort colossal, palmer deux fois plus fort, traverser cet état hypnotique de la narcose, résister à cette panique instinctive du besoin de respirer. Enfin à trente mètres sous la surface l’escorte est là. Ses anges gardiens remontent avec lui. Ils veillent à son bon état physique. Le moment est crucial. Ne pas se précipiter, rester concentré sur l’instant présent, la corde, l’horizon.

Délivrance

La surface, c’est la renaissance. Un choc aussi comme au premier jour : l’inspiration et  l’air qui redéploie les poumons, qui frotte le visage. Lumière vive, brouhaha, c’est le retour parmi les hommes. Il faut valider le record, montrer aux juges que c’est OK.

Guillaume Nery plonge pour les records et encourage chacun de nous à vivre l’expérience originelle. Arrêter de respirer, arrêter de penser, partir à la découverte d’un monde plein de poésie. Une minute suffit…

Elodie

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