Vivez une plongée en apnée en compagnie du champion du monde Guillaume Néry

L’apnée, « c’est un voyage aux frontières des limites humaines, un voyage intérieur » prévient Guillaume Néry. Un voyage qu’il va nous fait vivre, comme si l’on y était. Nous sommes en 2012, Guillaume Néry s’attaque à un nouveau record de France, une plongée en apnée à 123 mètres en poids constant, ce qui signifie qu’il descend et remonte à la seule force de ses palmes. Trois minutes trente, c’est court pour un voyage, mais très long aussi. Tout commence à la surface, lorsque le champion prend sa dernière inspiration, lente, profonde. Il utilise la technique dite de la carpe, qui lui permet d’augmenter de façon très significative le volume d’air dans les poumons. « Je quitte la surface avec dix litres d’air dans les poumons », explique-t-il.

Premier réflexe, dès que son corps est totalement immergé, faire baisser son rythme cardiaque, de 60 à 30 pulsations par minute !  La longue descente peut commencer. Mètre après mètre, la pression sur les poumons s’accentue. Au début, il faut faire un effort physique, utiliser ses palmes pour descendre. Mais arrivé à 35 mètres, la pression est telle que le corps, alourdi, chute tout seul.

Lâcher-prise

C’est là que débute pour le champion la partie qu’il préfère, la descente en chute-libre. « Je glisse doucement vers le fond » explique t-il. Un lâcher-prise total. Le silence, le touché velouté de l’eau sur sa peau, l’impression d’être dans un cocon. Les poumons sont pourtant entièrement comprimés, il n’a pas pris d’inspiration depuis de très longues secondes, mais malgré tout, à cet instant où le commun des mortels pense « Comment peut-on infliger ça à son corps ? », lui ressent un immense bien-être. Il se sent glisser, doucement, vers le fond. Bientôt, on ne voit plus la surface, tout est noir, immense et silencieux.

L’ivresse des profondeurs

Arrivé à 123 mètres, son voyage initiatique est à son apogée. Il se sent un tout petit point dans l’immensité de l’océan. « Je ressens de l’humilité, je ne suis rien perdu dans ce grand tout ». Mais il faut maintenant remonter, malgré l’ivresse des profondeurs qui pourrait lui faire perdre raison et altérer complètement son jugement. Guillaume Néry connait tellement bien la machine humaine qu’il sait qu’à ce moment-là, quand l’esprit part ailleurs, il ne faut pas lutter. Se concentrer sur la remontée. Ne pas penser à l’envie de respirer. Ne pas regarder vers la surface. Le fond continue d’attirer son corps vers les profondeurs abyssales. Pourtant, c’est maintenant qu’il faut fournir un effort physique, réutiliser ses jambes, ses palmes, pour retrouver la terre et l’oxygène ! Il remonte, palier par palier. Enfin, il aperçoit des silhouettes, les membres de son équipe ses « anges gardiens », comme il les appelle, qui viennent à sa rencontre, à 30 mètres de profondeur, afin de l’escorter jusqu’à la surface et de lui porter secours si nécessaire. Un sport individuel, l’apnée ? Bien au contraire « Sans mon équipe, l’aventure des profondeurs serait impossible ».

Une renaissance

C’est donc accompagné de ses anges gardiens que l’apnéiste remonte à la surface. L’air rentre de nouveau dans ses poumons « Une renaissance, une délivrance ». Mais un choc aussi. Passer du silence au bruit, de l’obscurité à la lumière, de la sensation de cocon procuré par l’eau à la dureté de l’air. Les poumons écrasés se déploient. Et puis, tout de suite, retour à la réalité. C’est une compétition, il y a des règles à respecter pour qu’un record soit validé. « On a 15 secondes pour enlever son pince-nez, faire le signe que tout va bien et dire « i’m ok » » pour que les juges valident la plongée. Record battu.

Marie

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