La confusion de l’origine de mon nom

Comment contourner une moquerie en fierté personnelle. Le regard d’autrui m’importe. Je me marre.

Ô combien de fois j’ai été sujet de situation saugrenue. De l’école à la vie active. Bien que je sois née dans la région édénique de la Côte-d’Azur. Mes parents avaient une liste de nom fétiche en « A » pour moi. Trop petite  pour énoncer mon opinion et réclamer mon vœu. Ils ont alors pris la décision de m’appeler telle que vous me connaissez. Je me sentais unique avec ce nom qui évoque un mythe. En classe, les élèves ne se posaient pas de question. Un jour, certains se sont demandés pourquoi j’avais un tel nom. Un nom différent que la majorité de ceux qui se croient être français de souche. Éperdument jeune pour décoder entre deux lignes cachées ; l’antisémitisme. À l’époque, mon père avait une grande prestance manifeste. Je le suivais à de grandes occasions, j’ai appris sur le tas la culture juive. Ma mère était ouvertement tolérante, puisque d’origine catholique, j’en parlais. C’est alors, que je voyais attentivement l’effet du regard d’autrui. Principalement, autour de notre attitude et aspect physique. Très tôt, je captais ce à quoi je devais m’en tenir. Là, vient, l’utopie. Que mon nom n’était pas si finement français en fait. Je répliquais avec outrance qu’au contraire : « Tu ne sais donc pas si toi aussi t’es juif-français ». Le soir, en retrouvant ma famille, j’ai raconté l’anecdote. Ils ont émis un brin d’étonnement quand les gamins de 8 ans osent juger. Depuis, nous avons débattu profondément sur le sujet pour renforcer mon bouclier défensif. Grâce à ces apprentissages vécus. Puis avec une telle philosophie ancrée à jamais, je m’en – bas les couilles – de ce que peuvent penser. Le sadique – qu’en dira-t-on – qui ne mène à nulle part. Vue que nous vivons tous sur une et même planète-mère. Pourquoi vouloir retourner à l’ère moyenâgeux pour distinguer les pauvres des riches, les juifs des chrétiens et blablabla ? C’est aberrant de mettre des individus dans des cases, sans intérêts finalement. Sachant que nous sommes tous cousins et possédons la même foi. Au fil des années, mon caractère s’est forgé pour l’accepter complètement. La phase du collège est infecte avec des élèves si ignorants. WOW ! Cette douloureuse période m’en avait fait voir les couleurs. Effectivement, à mesure que je grandissais, ma morphologie changeait. Jadis, ressemblais maternellement à une bretonne anglaise. Actuellement, de mon père. Dont, je ressens une grande estime de cette double religion acquise. Qui en fin de compte se résume en une théosophique : judéo-chrétienne. C’est con car dans la Bible, il y a un parterre de noms juifs. Et encore, dans les Cathédrales, en saisissant les détails de près. Les 13 Apôtres sont issus du judaïsme et allez savoir pourquoi. Jésus est comme le Grand-Moïse, ne serait-ce pas qu’une personne identique ? On me faisait comprendre que je n’avais pas ma place ici, à cause de mon nom. Ne me laissant pas entortiller, ils regretteront quand ils voudront admettre. Car ceux qui savent comprendront !

Arrivée au lycée, un vrai coup de bluffe au moment où ma coquette professeur me questionne : « Ton nom vient-il de Bretagne par-hasard ? ». « Heuuu… pardon, mais plus du sud, côté d’Espagne ! ». « Oh vraiment, je ne l’aurai point cru… hmmm ». « C’est un nom dérivé de – Bienvenu -, existant depuis le 11è siècles ! ». « Ah, c’est charmant ». « Oui, je suis fière de le posséder dans mon brave sang qui coule à flot cette divinité ». « Hihihi, je m’en excuse pour cette découverte, et Déborah vient d’où ? ». « Ben, ça provient d’une actrice américaine dont mon père en était fou amoureux… » « …Ah bon ?! » « …des années 50, il s’agit de la sublime Déborah Kerr. » « Connais pas ! ». Quelques minutes plus tard, elle ne m’a plus regardé de la même manière. Son comportement hautain est revenu à ma hauteur. Au fond de ma conscience, j’en ris encore de la réaction. Une réaction parfois enfantine idolâtrée. Je me demande au cours de mon existence, combien j’en ai croisé des hypocrites infâmes. J’ai vraiment pitié pour eux de distinguer un bout lettré de la personne et la personnalité qu’elle en bénéficie.

Maintenant, que ce soit dans le monde professionnel ou personnel. Cerise sur le gâteau. Beaucoup me complimente, me tarit d’éloges quand ils aperçoivent mon nom complet. Consistant tout le respect à rendre. Depuis, des lustres, j’étais frustrée et à présent, comblée mais réservée sur la matière très délicate et sensible. Jouant par moment, avec mon humour noir spontané selon le degré de la situation. Certes, des personnes le prennent avec sérieux et d’autres à la légère. Mieux vaut en rire que de chercher la guerre !

Déborah

 

 

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