Guillaume Néry, apnéiste, ivre des profondeurs

3.2.1 ! Dernière inspiration. Guillaume Néry se laisse engloutir par la mer. Lorsqu’il disparaît de la surface, le plongeur a stocké 10 litres d’air dans ses poumons. Il entame sa descente. Son corps entier tendu vers l’objectif, il ondule. Bras en avant, mains pointées vers le fond. L’eau semble glisser sur son corps d’athlète. Le mouvement est gracieux. On dirait qu’il danse. L’effort ne se voit pas. 

Et pourtant, l’apnéiste soumet son corps à rude épreuve. Il le torture. Au bout de 10 mètres, son cœur ralentit, le froid commence à l’envelopper. Puis, la phase d’aspiration : Guillaume Néry ne sent plus le poids de son corps, happé par le fond… il n’a plus besoin de palmer pour descendre, il se laisse aspirer. Son moment préféré. La liberté.

Mais ses poumons le ramènent à sa condition d’Homme. A partir de 50 mètres, ils commencent à se comprimer. Ils se ratatinent. Les parois semblent vouloir se coller. Et ce n’est qu’un début. Petit à petit, son diaphragme s’enfonce, sa cage thoracique rétrécit, l’oppression est terrible. Son corps tout entier est écrasé par la pression.

Au fond, le plongeur n’est plus qu’une anecdote. Loin de son milieu naturel, un organisme de plus dans un océan. L’eau est glacée, il ne voit presque plus rien… le silence règne. La douleur devient insoutenable. 123 mètres, toucher la gueuse, arracher la plaquette, il est temps de remonter.

Guillaume Néry n’a fait que la moitié du chemin. Le plus dur commence. Ne pas céder à l’ivresse des profondeurs. Ne pas succomber à l’envie de respirer. Pour ne pas flancher, l’apnéiste se concentre sur le fil qui le relie à la vie. Celui qui mène à la surface. De longues secondes. Interminables. Il aperçoit les apnéistes de sécurité -le retour parmi les Hommes- il les surnomme « ses anges gardien ». Ils l’accompagnent vers sa renaissance.

La surface arrive. Il remplit ses poumons. La délivrance. Entre deux inspirations, Guillaume Néry aura vécu intensément.

 

 

 

 

 

 

 

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