Comment le mental m’a permis de relever le défi des 42 kilométres du célèbre marathon de New York

 

Une nuit sans sommeil et la boule au ventre.

Boire, à peine le pied posé à terre, litres après litres.

La feuille de route est là bien pliée dans le coin de mon esprit,

Avaler un petit déjeuner copieux, calories, sucres lents, fruits secs à glisser dans une ceinture ventrale.

Ne pas faillir, la ville est vertigineuse, verticale, vibrante.

Son énergie se diffuse,  la nuit est encore noire, des sportifs sont venus de loin, espagnols, israéliens, japonais, les sonorités se mélangent.

Une délicieuse odeur de camphre émane de cette foule compacte et dense dont le ruban coloré se dessine à l’infini.

Le pont est submergé de coureurs et chaque année l’image fait le tour du monde.

Le départ sera donné dans moins d’une heure , nous sommes déjà groupés sur le mythique verrazano, ce pont suspendu qui relie brookline à staten island. Le fond de l’air est glacial.

Une coureuse de l’Ohio m’explique que chez elle en hiver il fait vraiment beaucoup plus froid.

Son corps est sculpté dans l’acier, je me demande combien de temps je pourrai lui emboiter le pas, tenir au rythme de sa foulée.

 

La boule au ventre est toujours là. Un coup de feu déchire l’air comme une délivrance, un torrent humain se déverse en direction de Manhattan

Partager ce bonheur est une chance inouie.

Il faut trouver le tempo, ne pas se laisser happer par cette marée humaine, la feuille de route est toujours pliée dans un coin de mon esprit. Minutieusement élaborée au fil des semaines de préparation.

Eviter d’ accélérer, ne pas s’épuiser pour tenir la distance.

La même question semble hanter tous les concurrents.

Serai-je bien à l’arrivée tout là bas après avoir traverser centrale park, la dernière boucle se coure sous le regard des écureuils

Les coureurs eux se sont débarassés de leurs vestes du petit matin, elles sont jetées à même le sol.

C’est une tradition.

Mais déjà le décor est autre, Brooklyn, queens, la traversée de l’east river, le pont de queensboro monte pendant plusieurs kilométres ,

je le savais mais l’épreuve est plus rude que prévue.

Lorsque les encouragements des habitants de Manhattan commencent à réchauffer l’atmosphère, les premières brulures s’infiltrent dans mon genou droit, une douleur intense et lancinante.

La boule au ventre se fait plus oppressante.

 

La première avenue se dessine à l’horizon, interminable, submergée de monde. La clameur va crescendo, elle semble s’engouffrer en volutes sonores entre les  gratte ciel.

Des cris , des mots, de la musique mais surtout des regards ou des rires. Les habitants sont agglutinés le long du parcours, une énergie puissante et communicative enveloppe le ruban de coureurs, sans interruption

L’ambiance est asiatique ou  latino,  plus insolite encore dans le Bronx

Sur la feuille de route, il y a un chapitre clé

Au trentième kilomètre,

le mental prend le relais sur le physique  , nous y sommes !

C’est une expérience inoubliable,

Dans la cinquième avenue la douleur du genou est sidérante mais  peu à peu anesthésiée par la chaleur humaine.

 

Les écureuils bondissent entre les arbres de Central Park.

Le chronométre clignote  sur la ligne d’arrivée, 42 kilomètres et 200  les chiffres fanfaronnent, la douleur du genou s’évanouit d’un coup, d’un seul

Plus aucun signe de la boule aux ventre, la mégapole est lumineuse dans sa parure d’automne,  plus magnifique et majestueuse encore dans ce soleil blafard.

 

 

 

 

 

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s