Séisme en Italie : témoin indirect de la nuit où près de 300 personnes sont mortes dans un tremblement de terre.

Le séisme du 24 août 2016 a causé la mort de 298 personnes en Italie. Je me trouvais à environ 150 km de l’épicentre, au Sud de la Toscane. En vacances dans cette magnifique et apaisante région, je profitais de la beauté du paysage, de la tranquillité de la campagne, des bons plats de pâtes et du chianti. Ma fille de 7 ans était rassurée, là au moins, pas de risque qu’un volcan entre en éruption. L’année dernière, nous étions à Naples et elle a redouté pendant une semaine le réveil du Vésuve. Non, ici, nous ne risquons rien, à part les piqures de moustique.

Cette nuit du 24 août, je fus réveillée par ma fille qui toussait, vers 3h du matin. Je me lève, vais la voir et retourne me coucher quelques minutes plus tard. Alors que j’étais en train de me rendormir, j’ai ressenti physiquement un phénomène jusque là inconnu et toujours assez difficile à décrire. Comme si quelqu’un de très puissant, une sorte de géant, avait saisi les deux côtés du lit et l’avait secoué très fort d’avant en arrière, comme pour m’en faire tomber ou me réveiller. Pendant combien de temps ? 5, 10, 20, secondes ? Je ne sais pas. Une éternité quand on ne comprend pas ce qu’il se passe. Je me retourne, un peu sonnée. Que vient-il de m’arriver ?  Aucun bruit, plus rien de bouge, tout le monde dort. Mon inconscient me souffle alors une idée, et si c’était ça un tremblement de terre ? Je n’en avais jamais ressenti un avant, mais cette sensation sourde et cette force venue de je ne sais où me fit instinctivement penser à une colère terrestre. Et là, moins d’une minute après, un autre bruit inconnu et bien plus effrayant m’empêche une nouvelle fois de me rendormir. Le toit de la maison semble bouger. Toutes les tuiles font du bruit et s’entrechoquent, dans un bruit prenant et stressant. Il y a deux solutions, me dis-je, soit un orage extrêmement violent et localisé de grêle vient de s’abattre sur le toit et j’entends les tuiles bouger.  Soit je n’avais pas vu qu’il y avait un arbre fruitier au dessus du toit et tous les fruits sont tombés en même temps.  Mais il faisait plus de 30 degrés en ce mois d’août et rien ne laissait présager l’arrivée soudaine d’un orage. Et je n’avais remarqué aucun arbre au-dessus de la maison.

Il faut avouer que j’avais très sommeil. Et comme personne n’avait été réveillé par ce qui venait de se passer et que tout semblait en ordre, j’ai réussi dormir. Mais d’un sommeil léger. Je me suis réveillée tôt le lendemain. Sur mon téléphone portable, un message de la famille qui disait « j’espère que vous allez-bien ? ».

J’avais gardé mon idée de tremblement de terre en tête. Etait-ce vraiment cela ? Je descends au salon, et trouve, en cette heure matinale, la moitié de la maisonnée. Etrange. Tout le monde se regarde car je ne suis pas la seule à avoir reçu un message. Nous allumons la petite télévision au fond du salon et découvrons l’horreur. Le bilan qui s’alourdit de minute en minute, les villages si typiques que nous adorons totalement détruits. Etrange sentiment que d’avoir vécu, même de loin, un événement aussi tragique et de ne pas en mesurer totalement la portée. Ici, tout allait bien. Il faisait beau, la campagne était toujours aussi belle et tranquille, les couleurs d’été magnifiques. Nous allions continuer à profiter pleinement de la piscine et du jardin. J’avais l’impression d’avoir remarqué des fissures dans les murs de la maison, mais il faut bien avouer qu’elles auraient très bien pu être là avant. Et ma fille, celle qui était terrorisée par le Vésuve, est la seule autre personne de la maison avec moi à avoir senti son lit bouger. « Tu vois », lui-ai-je dis,  « tu avais peur d’un volcan mais finalement tu as connu un autre caprice de la terre ». Et pour la rassurer, je lui ai dit que c’était bien un tremblement de terre qu’elle avait ressenti mais que tout allait bien et qu’il ne fallait pas s’inquiéter. Ce jour-là, je lui ai bien sur menti et ne lui ai pas dit que 300 personnes avaient perdu la vie quand elle a senti son lit bouger.

 

Marie

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