Ma chute en pleine vitesse pendant des vacances à la neige à Chamonix

Chamonix, février 2016.

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Depuis trois jours, j’accompagne ma fille de neuf ans sur les pistes. Nos vacances à la neige se déroulent de manière idyllique. Elle skie et moi je me  charge de la logistique. Je porte le goûter et je prends les photos. Je n’aime pas skier et en règle générale je n’aime pas les sports de glisse. J’ai chaussé deux ou trois fois des skis il y a une dizaine d’années et on ne peut pas dire que cela m’ai laissé un souvenir impérissable. Mais Cerise a très envie que je l’accompagne sur la piste verte. Après tout, elle est petite et je me dis que « si elle y arrive, j’en suis bien capable moi aussi».

Par sécurité, et pour me protéger du mauvais sort, je prends une « assurance accident » avec mon forfait.

Il fait vraiment très froid et je veux être dans les meilleures conditions pour passer cet après-midi. Je repousse le moment d’affronter la poudreuse en nous offrant une pause chocolat.  Voilà, il est temps d’y aller. Je suis au pied du mur.

Équipée de mon casque, des lunettes, des skis et des bâtons et d’une bonne dose d’inconscience je suis bien armée.  Allez, il faut se lancer. Le télésiège. Je me laisse porter. Facile. Agréable même. J’avais oublié ce sentiment de légèreté. La fraîcheur du vent qui caresse les joues.

On saute de nos sièges et nous voilà debout.

La vue est magnifique. Le Mont Blanc nous ébloui. Il trône au milieu des autres monts.

Cerise, comme tous les enfants de son âge, est pressée. Elle m’abreuve de conseils et d’encouragements. Elle me montre la voie à suivre et dévale la piste. Je suis là, paralysée, la peur au ventre. Tétanisée, plus rien ne répond. Les jambes, les bras, mon cerveau sont en mode OFF. Seuls mes yeux fixés sur Cerise en bas, très loin, de plus en plus loin. Disparue au milieu de la foule, elle n’est plus qu’une ombre. Enfin, les circuits se reconnectent à l’intérieur de mon corps et une petite voix me parle : « Pour lui faire plaisir, vas-y ».

Je n’ai rien décidé. C’est parti tout seul. Je glisse. Une bosse, deux bosses… Je négocie mon troisième virage. Je prends confiance. Ça va de plus en plus vite.  Je slalome au milieu de tous ces enfants. Il y en a vraiment beaucoup. Que font-ils tous là au même endroit ?

Et patatras, me voilà par terre. Je suis assise dans la neige et pourtant j’ai l’impression d’avoir la tête à l’envers. Après un rapide diagnostic de la situation je constate que mes jambes sont drôlement positionnées. Je ne pensais pas être aussi souple. Jusqu’au moment où ma tête se remet à l’endroit et je comprends que ma rotule est déboîtée. La douleur commence à se diffuser dans ma jambe, s’infiltre dans ma colonne vertébrale, monte dans le dos et bientôt irradie tout mon corps. Mes mains se crispent à l’intérieur de mes gants. Soudain, il fait très chaud. Il faut que je bouge.img_0167

Je me relève à l’aide des quelques muscles encore disponibles. Cinq minutes que je skie. Une éternité.

Je ne veux pas montrer à Cerise que j’ai mal. Je préfère qu’elle me prenne pour une dégonflée. Je vais la décevoir de toute façon. Je lui dis simplement qu’il faut vraiment que je prenne une leçon avant de rechausser des skis.

Caroline

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