Un agriculteur se met au bio après sa rencontre avec des enfants atteints de cancer

ÄhrenRencontre avec un agriculteur converti au bio. Un changement de vie radical. Une belle réussite. 

Jean-Michel Demètre était un agriculteur comme il en existe des centaines en France. Installé à Tethieu dans les Landes, il utilisait des pesticides et des fertilisants pour faire pousser ses céréales. Sans trop de soucier des conséquences, sur la santé et l’environnement. Et puis, il a changé de vie en 2007. A cause de la maladie de sa femme. Atteinte d’un cancer, elle faisait des séjours réguliers dans un centre hospitalier bordelais. Le couple a côtoyé de nombreux enfants malades. Un bouleversement. Surtout quand les professeurs leur ont expliqué que la majorité des cancers pédiatriques étaient liés à la pollution et à la nourriture. « Quand tu vois des choses comme ça, tu ne peux pas continuer avec ce système agricole qui existe depuis plus de 50 ans » explique Jean-Michel Demètre. « Ça nous a profondément perturbé. Je fais ça pour tous les petits à naitre et ceux qui sont déjà nés. »

converti à l’agriculture naturelle

Le choc psychologique passé, Jean-Michel Demètre décide de passer à l’action. Il va devoir relever beaucoup de défis pour mener son projet à terme. A commencer par nettoyer ses terres, polluées par des années de traitement chimiques. En 2007, il adhère à l’ITAN, l’Institut Technique d’Agriculture Naturelle. Un organisme qui rassemble différents acteurs du monde agricole qui souhaitent travailler en agriculture naturelle. Ses membres suivent l’enseignement développé par le microbiologiste japonais Masanobu Fukuoka dans les années 1970. Et doivent suivre 5 principes : pas de labourage, pas de fertilisants, pas de sarclage, pas de pesticides et pas de taille.

Jean-Michel Demètre a pu profiter du diagnostic et des conseils de professionnels pour régénérer ses sols, dont les rendements étaient de plus en plus faibles. Et 5 ans plus tard, c’est avec fierté qu’il admire ses magnifiques parcelles de blé. En respectant un protocole strict et naturel, il a redonné vie à ses champs et doublé ses rendements.

Méfiance et jalousie des autres agriculteurs

Une réussite qui suscite aussi la jalousie. Celle de ses voisins, qui eux n’ont pas abandonné les méthodes industrielles et utilisent toujours autant de pesticides. « Ils parlent de moi entre eux, mais ne viennent jamais me voir. Au début, ils pensaient que je n’y arriverai pas, que je me planterai. Maintenant je n’entends plus rien. Ils se plaignent de ne plus avoir d’argent pour vivre mais ne veulent pas changer leur fusil d’épaule ». Jean-Michel Demètre a du mal à comprendre le comportement de ses confrères et voisins. Il aimerait bien parler avec eux de ces méthodes naturelles qui ont changé sa vie et son travail. Mais le monde paysan est difficile à appréhender et certaines traditions ont la vie dure. Difficile de faire changer les mentalités à toute une profession, à qui l’on a appris pendant des décennies à utiliser des produits chimiques. Mais les faits valent souvent mieux qu’un beau discours. Il suffit de regarder les champs de Jean-Michel pour être convaincu qu’il a choisi la bonne direction.

Marie

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s