Isabelle apprend l’espagnol, sa langue de coeur

Quand l’animateur du stage a proposé de clore les travaux à 17 heures, Isabelle a semblé soulagée. Le mercredi, elle n’est pas fâchée de pouvoir rentrer tôt. « J’ai des devoirs à faire ». Et l’heure approche. Depuis un an, elle suit des cours d’espagnol. « J’y suis de 20 heures à 22 heures. Cela me fait beaucoup de bien. J’avais l’impression de perdre un peu la mémoire. Là, ça fume, c’est vivifiant ».

L’espagnol était un désir contrarié, un regret de jeunesse. « Je suis Lorraine, j’ai fait allemand » dit-elle en prenant un air affligé. « En plus, comme j’étais bonne élève, il fallait choisir l’allemand pour être dans une bonne classe ». Isabelle s’était donc résignée, tout en jalousant secrètement ses cousins franco-espagnols qui maîtrisaient cette langue « ensoleillée ». En rentrant de vacances passées de l’autre côté des Pyrénées, elle restait longtemps bercée par « la musique » entendue dans la rue, par cette manière de parler toujours « chantante ».

Alors pourquoi apprendre l’espagnol aujourd’hui ? « Il ne parle pas le français » confie-t-elle du bout des lèvres. Nous y voilà… « On se parle en anglais. Heureusement, il existe d’autres formes de communication ». Isabelle évoque l’humour, le regard, le langage du corps. « Et puis les quiproquo nés de nos incompréhensions nous font rire. L’alibi de la langue mal comprise devient un jeu ».

Il n’empêche, elle s’est décidée à apprendre. « Je connaissais trois mots, dont cerveza pour commander un bière ». Il lui reste un Everest à gravir. A mains nues. « Il y a du boulot » soupire-elle. « Parfois, lorsqu’il existe un mot français pour désigner quelque chose, il en ont deux en espagnol ! Cela fait deux fois plus à apprendre. Mais une langue véhicule tellement de sensibilités. Et je le fais par amour, et pour sa culture. »

« Avant, lorsque j’allais en Espagne, pendant les repas de famille, j’étais gênée, j’avais presque honte de ne pas pouvoir parler » poursuit-elle. Après quelques mois d’apprentissage, Isabelle mesure déjà le chemin parcouru. « Quand il me parle en espagnol, je comprends une bonne partie de ce qu’il me dit. » Mais une langue, c’est bien autre chose qu’un simple outil de communication.  » Ça donne des clés… » élude-t-elle pudiquement.

 

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