Guillaume Nery l’homme poisson qui vit l’apnée totale comme un antistress formidable

On aimerait tous se souvenir du moment de notre naissance. Celui où l’on sort la tête de l’eau pour découvrir l’air et respirer à plein poumon.  Guillaume Néry l’a déjà revécu des dizaines de fois, peut-être des centaines.  A 34 ans, ce beau jeune homme brun au corps d’éphèbe est multiple champion du monde de plongée en apnée.

L’écouter parler de son record, une plongée à 123 mètres de profondeur ,sans poids pour lester son corps , juste à la force de ses coups de reins et de sa palme bipède c’est descendre avec lui, en lui tenant la main.

Avant de quitter la surface, l’ami des abysses a déjà une capacité exceptionnelle celle d’inspirer de l’oxygène en grande quantité. dix litres qu’il « tasse » dans les 2 grandes poches de sa cage thoracique en gobant les dernières molécules comme une carpe.

Sa bouche fait des ronds, par petite touche, il a déjà fermé les yeux et quitté la terre.

Ses pulsations cardiaques à cet instant chutent, et son divisée par 2. Plus fort encore, son sang choisit le circuit à alimenter : le cœur, le poumon et le cerveau seront les seuls organes privilégiés. Le minimum vitale pour survivre en profondeur.

Une adaptation à peine croyable. Pour la science c’est un mécanisme inée que l’homme partage avec tous les mammifères marins. On en serait donc tous capables.

Mais pour le néophyte qui écoute Guillaume Néry c’est le premier moment de malaise, celui où l’on commence à manquer d’air. Les vertiges nous guettent en embuscade, mais lui ne fléchit pas. Il jubile de nous emmener encore plus bas.

 » Moins 30 m, vous arrêtez de palmer. Plus besoin d’aide c’est la phase de la chute libre. Celle où l’on a la sensation de voler sous l’eau.  » 

Ok, facile, on veut bien continuer. Celui qui panique à ce moment là est boliger de remonter parce que le plus dur est à venir. Sa froce à lui c’est de savoir faire le grand vide, d’abandonner toute résistance, d’ oublier de penser. Le premier contact avec le monde des abysses. Celui où le grand bleu vous plonge dans un voile noir et vous enveloppe d’une eau glaciale.

Les 30 mètres qui suivent c’est le bloodshift, le moment où les poumons se remplissent de sang pour ne pas se coller et l’étouffer.  A moins 80 mètres sont corps prends une allure difforme, le diaphragme et la cage thoracique se creusent anormalement  » mais je laisse l’eau m’écraser « , sinon c’est le risque d’oedeme. Et il le sait parfaitement. Quelle maîtrise du mental.

Arrivent alors les 100 mètres, la limite  » mythique » franchit par son idole Jacques Mayol. La génération Grand Bleu se souviendra du bruit que fait le silence, et du noir profond qui enveloppe l’apnéiste à ce stade.

Mais lui se laisse happer encore plus bas, grâce à  Mayol, Guillaume Néry sait qu’il peut franchir encore quelques paliers supplémentaires. Et il ira jusqu’à 123 mètres.

 » Le bien être le plus total, le moment où l’on se sent un petit point dans l’infini « , raconte t-il amusé.  Son auditoire a déjà arrêté de respirer. Lui est en train de remonter.  Moment tout aussi délicat où les limites de l’extrême se rejouent en sens inverse.

Quand il retrouve le bruit, l’odorat, la lumière , il a 15 secondes pour prouver qu’il est bien conscient et faire ce petit rond avec le pouce et l’indexe, code de plongeur qui prouve au jury que tout va bien.

 » Arrêtez de respirer même 3 secondes sous l’eau, essayez  ! vous verrez c’est arrêter de penser, c’est se déconnecter « . Il a raison Guillaume Néry, mais beaucoup d’entre nous s’arrêterons au moins deux mètres de la piscine municipale. C’est déjà une sensation de bien être inégalable. Pour oser aller narguer la mort 3 minutes sans respirer, il faut être beaucoup plus fort.

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