Ecouter la plongée de Guillaume Néry, et en avoir le souffle coupé

Guillaume Néry, champion de France d’apnée à poids constant, ouvre sa conférence par une vidéo.
Là, je l’ai d’abord vu flotter pendant le long décompte des commissaires. Et je l’ai vu partir, descendre au rythme des oscillations de son corps vers les profondeurs et une sombre immensité. Puis je l’ai regardé se jeter sur un point lumineux et prendre une plaque. Et il est remonté, droit dans sa palme, le poing déjà levé avant même d’atteindre la surface.
Je l’ai regardé faire, j’en ai eu le souffle coupé.

L’apnée, je n’y connais rien, si ce n’est que  j’ai dû voir au moins cinquante fois le Grand Bleu à la télé. L’apnée, Guillaume Néry, lui c’est son truc. Il est champion de France. Vous le regardez, et vous comprenez. Vous l’écoutez, et vous aussi vous plongez.

L’apnée, selon le jeune champion, c’est un voyage entre deux inspirations. Un voyage qui laisse des traces sur votre corps et votre esprit. Un voyage qui dure moins de cinq minutes. Un voyage qui vous ramène pourtant aux origines de l’espèce humaine. Un voyage dont votre corps garde souvenir, alors même que vous ne l’avez pas encore entamé.

L’apnée, c’est un voyage qui se mérite. Il faut souffrir avant d’avoir l’ivresse. Se laisser aspirer par le fond avant que vos poumons n’entrent en érection.
L’apnée, c’est toucher le fond.  Se retrouver tout seul dans une nuit glaciale, et malgré cela, « être à sa place ». Penser que vous allez exploser sous la pression, et finir par se sentir bien. « Extraordinairement bien », précise Guillaume Néry.

L’apnée, c’est le voyage du corps et de l’esprit. Lâcher prise pour mieux  repousser  les limites de l’entendement. « Goûter à l’apesanteur, flotter sous l’eau ».
Guillaume Néry est descendu jusqu’à 123 mètres. Avec ce record de France, il pourrait frimer. Mais non. L’apnée lui a appris l’humilité. L’apnée lui a fait se sentir un grain de poussière flottant au milieu du néant.

D’un coup de monopalme, Guillaume Néry dit pouvoir se reconnecter aux origines du monde. Et moi ce que j’en retiens de cette conférence, c’est qu’il faut arrêter de respirer, pour mieux se sentir vivant.

 

 

Aude

 

 

 

 

 

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