Moi et mon drone : plaisir garanti même par procuration

C’est un plaisir volé, du moins l’idée. Je l’ai piquée à mon père. Droner, et m’échapper.

D’abord je lui déploie ses bras et ses hélices. Je m’apprête à décoller. Et à chaque fois, je meurs de trouille. J’allume la bête, c’est comme cela que je l’appelle. Premiers frissons. « Qu’est-ce que j’ai bien pu oublier ? Le câble de connexion pour le retour vidéo ? Non ça, c’est bon.  Une mise à jour ? Et merde… Oui il lui en faut une, mais tant pis, je prends le risque. »

Des sensations, moi j’en ai quand je vole. Je vole, et je le sens dans mes pieds, dans mes doigts, sur mon visage et dans les regards. Je m’envole, mais en gardant les pieds sur terre. Droner, ça me fait kiffer.

Voler. Dès le début, le mot laissait planer en moi tout un tas de sensations folles. Je m’y voyais déjà, les cheveux en l’air, déployant mes bras, et mon visage se déformant sous l’effet du vent, avant de paniquer en voyant le sol se rapprocher.
A chaque fois que je sors mon drone, je ressens tout cela. Même si je ne vole que par procuration.
Je vous passe les détails pour établir le plan de vol, l’étude des cartes sur Mach 7 pour vérifier si la zone est autorisée de survol. La check-list des dix recommandations établies par le gouvernement pour assurer la légalité de la pratique amateur.

Décollage.
Mes doigts tremblent sur la radio-commande. Les joysticks des consoles vidéo, j’en ai jamais tâté. Je me dis toujours que je vais finir par me crasher. Mais ce qui a de bien avec les drones de dernière génération, c’est leur concentré de technologie.
Vous voulez décoller, envoyer votre drone à 5 kilomètres, et le faire revenir et se poser tout seul ? Il suffit d’appuyer sur un bouton. Le drone peut tout faire, tout seul.

Mais alors, s’il n’y a plus de gêne technique, où est le plaisir ? Je vous vois venir. Vous allez me dire que c’est impossible de s’envoyer en l’air et d’éprouver des sensations en restant passif. Moi je vous assure que si.
Quand je drone, je suis aux aguets.
Je me hérisse au moindre souffle dans mes cheveux : « Trop de vent, et je pourrai perdre le contrôle« . J’ai le regard affûté : « Interdiction formelle de perdre l’engin de vue« . Je me dois d’être douce, et légère dans mon doigté : « un geste brusque, et il part en vrille« .

Voler. Vous remarquerez, je n’emploie jamais le mot piloter. Trop technique pas assez sensuel ce vocable. Droner. Pour moi, c’est avant tout synonyme d’anxiété.
A chaque fois, c’est un vol vers l’inconnu, et le plaisir garanti à la fois.
Vous voulez savoir pourquoi ? Parce qu’à chaque fois que je fais décoller mon drone, je m’offre un nouveau point de vue. Je prends de la hauteur et je vois le monde tout autrement. Les paysages se révèlent. Je peux même faire la course avec des mouettes en bord de mer. Je m’envoie en l’air et c’est super.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s