Pratiquer la musique en amateur : le plaisir des grands.

Au pays où Jack Lang inventa un beau soir d’été de 1982  la Fête de la Musique, la pratique musicale amateur ne cesse de croître. On estime à plus de 15 millions les Français de plus de 15 ans qui pratiquent un instrument de musique comme simple loisir. Ce qui les réunit: la rencontre avec l’art et avec l’autre et le plaisir de cette échanges sans mots mais au diapason. Et je sais de quoi je parle! Depuis une vingtaine d’année, j’ai repris ma flûte traversière après avoir fréquenté le conservatoire quand j’étais enfant. La revanche de l’apprentissage contraint à la pratique multiple et libre.

Je ne connaissais que le classique. Mais j’ai approfondi depuis quelques années la musique trad’. Le groupe s’appelle le GOTTEM. Il réunit des adultes de tous les âges et des adolescents. Il y a Martine et Flora deux anciennes instits qui se sont mises aux percussions. Il y a Maëlle, 16 ans clarinettiste et accordéoniste et qui bientôt va se mettre au cor. Moi, je joue de la flûte traversière: un instrument qu’on retrouve surtout dans le classique et dans le jazz. Mais moi ce qui m’intéresse, c’est la musique d’Europe de l’Est parce qu’elle est nomade. Et en particulier la musique klezmer, celle que jouaient les Klezmorim, ces musiciens juifs itinérants qui animaient baptêmes, Bar Mitsva et mariages.

Festivals amateurs

Et cette année le GOTTEM, c’est le nom de notre groupe, s’est fixé un objectif: participer au festival Trad en Fête de la Grange Rouge. La Grange Rouge est une ancienne ferme bressane du 17ème siècle, en pleine campagne non loin de Louhans. Le festival propose à tous les musiciens, danseurs, luthiers, passionnés du répertoire traditionnel et folk de se rencontrer, jouer et danser ensemble. L’organisation est celle d’un vrai festival pro. Nous croisons des vieilles à roue, des vieux violons et des harpes celtiques.

Notre premier rendez-vous est sur la grande scène à l’heure de l’apéro. Et nous sommes attendus par une ribambelle de danseurs expérimentés dont les jambes et bras en connaissent un rayon sur les danses traditionnelles y compris celles de l’est de l’Europe. Il va falloir jouer sans fausse note et sans trop lire la partition. Au rythme du bodran ou du darbouk, soutenus par les basses de violoncelles, les vents que nous sommes , flûtes et clarinettes assurent la mélodie principale. Plaisir intense de jouer en harmonie ce que nous avons répété toute l’année. Trac et fierté tout à la fois d’être sur la scène. Comme les stars du rock ou de la chanson que j’allais écouter adolescente.

Mais le chavirement c’est de regarder en laissant filer ses doigts, les gens danser. Et ils crient de joie et nous aussi, pour les relancer. Et ils ne veulent jamais s’arrêter: premier, deuxième, troisième mouvement. Et A Capo! On reprend au début. Les épaules me font mal et les doigts ont du mal à suivre. Mais leurs pieds à eux continuent!

Et quand enfin notre chef donne le signal de la fin, en haut comme en bas de la scène, on crie dans une même ferveur. Et on les applaudit presque aussi fort qu’ils nous remercient. Et on se prend quelques secondes pour ces professionnels que l’on encense toute l’année dans les salles de concert.

Myriam

 

 

 

 

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s