Un cliché saisit Lyon, juste avant la fin du monde.

C’est un cliché de Lyon exceptionnel, et pourtant le cadre a des airs de déjà vu : prise sur un pont de Lyon, au dessus du Rhône, la photo montre un autre pont au loin, qui enjambe lui aussi le Rhône, et donne à voir les quais du Rhône. Sur la gauche, on devine la piscine olympique, et les bâtiments majestueux des universités lyonnaises, au dôme en tuiles bleues. Sur la droite, le quai sans relief de la presqu’ile lyonnaise, couvert d’arbres en enfilade le long du Rhône.  Et sous nos pieds, le Rhône s’écoule tranquillement d’un pont à l’autre.

Le cadre est posé, classique. Mais ce qui fait de cette photo une exception, une œuvre d’art magistrale, unique, c’est son ciel. Saisi dans un moment de tourmente rare, et qui prend toute la place. Il s’étend sur les 2 tiers de l’image, et mobilise toute notre attention. Et pour cause. C’est l’apocalypse qui s’abat sur la ville.

Car si, sur les côtés, le ciel est clair, lumineux, et presque paisible, au centre, c’est un tourbillon de couleurs, de formes et de mouvements saisissant. Ce ciel orageux est une œuvre d’art composée de Cumulonimbus sculptés par les vents et illuminés par le soleil tombant.

On y trouve à gauche, du bleu azure, du bleu foncé et du turquoise. Au centre, autour du tourbillon, 50 nuances de gris : du gris clair au du gris foncé en passant par l’anthracite. Et au cœur de l’image,  du noir très profond, qui côtoie une lumière aveuglante. En somme, cette obscure clarté dont seul le ciel a le secret. A droite, pour compléter le tableau, le soleil couchant a pris soin de donner une tonalité rose aux nuages qui s’éloignent.

Cette explosion de couleur n’a d’égal que l’intensité du mouvement que l’on perçoit, dans un entrelacement de formes et de reliefs nuageux menaçants qui semblent comme s’abattre sur la ville. Lyon est écrasée par les éléments d’un ciel en furie, qui s’apprête à lui tomber sur la tête. Les nuages s’amassent et semblent attirés par une force invisible avant de fendre sur la ville.

Le cliché a saisi le dernier instant. Juste avant la fin du monde. L’heure du jugement dernier a sonné. La ville se fait toute petite, mais il est déjà trop tard. La colère du ciel sera sans pitié. Une déferlante va s’abattre sur la ville. Lyon sera submergée.

Une œuvre d’art sortie tout droit d’un film de science-fiction se dessine au-dessus de nos têtes. A la fois inquiétante et fascinante, elle offre une aquarelle majestueuse à ciel ouvert. Le cliché a saisi un instant remarquable, mais furtif. Le ciel change, si bien que prise quelques minutes plus tard, cette œuvre aurait sans doute un tout autre aspect.

La dernière heure de Lyon n’est pas arrivée.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s