Ecologie : « Les techniques agricoles actuelles sont en train de tuer les sols »

Claude Bourguignon

Claude Bourguignon lutte depuis 40 ans contre l’appauvrissement des sols.

Le microbiologiste Claude Bourguignon alerte à nouveau : « Nous violons les lois fondamentales ». Science contre technique.

« Nous devons remettre de la science dans l’agriculture car il n’y a plus que de la technique ». Le microbiologiste français Claude Bourguignon affiche une nouvelle fois ses convictions. Une pensée forgée durant 40 ans de recherche, les mains dans la terre. « Nous violons les lois de la biologie, les responsables sont les tracteurs et les engrais chimiques ». A Grande-Synthe, lors des 2ème Assises nationales de la biodiversité de septembre 2012, le chercheur alerte sur les risques écologiques. Sa démonstration reprend le cycle ancestral de construction des sols. « Les arbres sont les maîtres des sols. Les branches et les feuilles tombent et sont transformées en humus ». Pour l’ingénieur agronome, l’humus est efficace pour régénérer la terre s’il reste à la surface. Le labour est la première aberration dénoncée par Claude Bourguignon.

Les tracteurs et les engrais chimiques dégradent les sols

Le deuxième temps d’enrichissement des sols se déroule sous la terre, au niveau des racines. L’arbre filtre les eaux de pluie. Il absorbe les minéraux nécessaires à sa croissance et rejette par ces racines dans les nappes phréatiques des gouttes d’eau purifiées. Cela aboutit à la création de l’argile. L’action des vers de terre permet ensuite de structurer et d’entretenir les sols. Ils se nourrissent de restes végétaux qu’ils sont les seuls à pouvoir décomposer grâce une enzyme particulière. « Et un lombric rejette chaque jour son poids en terre », précise le scientifique. L’utilisation massive des engrais chimiques altère et déboussole cet écosystème bien réglé. En voulant fortifier les sols, ces substances obtiennent l’effet inverse : elles les dégradent. Les terrains étudiés par Claude Bourguignon démontrent que, d’année en année, les parcelles sont moins rentables.

Il faut revenir à une agriculture durable

Mais les théories de Claude Bourguignon sont loin de faire l’unanimité. Une partie du milieu scientifique les considèrent comme simplistes, exagérées et catastrophistes. Pourtant, à l’heure où les rendements des exploitations agricoles intensives baissent, où les consommateurs se tournent vers le bio et où les pollutions chimiques se multiplient, le recours à une agriculture durable sur les bases l’agro-sylvo-pastoralisme, tel que le prône Claude Bourguignon, ne mérite-t-il pas un intérêt accru ? Ou faudra-t-il que des catastrophes écologiques irréversibles surviennent pour que ses détracteurs admettent que le chercheur a pu avoir raison, seul contre tous ?

Olivier

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