Mon premier voyage en Afrique : le parfum de l’ylang-ylang me replonge aux Comores

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Ça y est ! J’y suis ! Je viens de frôler la terre africaine pour la première fois. J’ai 22 ans, je me sens légère

La porte de l’avion s’ouvre. Une vague de chaleur suffocante me surprend. Elle me rappelle celle de Naples, là où je suis née. Mais cette chaleur africaine a un plus : elle est parfumée. Elle est imprégnée du parfum des ylang-ylang en fleur. Ce sont ces arbres à la structure tordue qui m’accueillent à ma descente d’avion. Ils m’impressionnent par leur forme alors que leurs fleurs me fascinent. Je n’avais jamais vu de fleurs aux pétales à forme de feuilles. Un jaune intense, un parfum enivrant. La ville de Moroni, la capitale de la Grande Comore, où je viens pour des recherches universitaires, est parsemée d’ylang-ylang. Je découvre que cette fleur a séduit, avant moi, un grand parfumeur français.

J’ai attendu ce moment avec une impatience frémissante

Je ne pensais plus qu’à ça : pas tant pour mes recherches que pour satisfaire ma soif de découvrir l’Afrique. Et c’est comme je l’ai imaginée maintes fois. La terre rouge colore même l’horizon quand ce n’est pas le bleu de l’océan Indien. J’ai atterri sur la plus grande des îles de l’archipel comorien. Un minuscule bout d’Afrique qui me suffit à imaginer l’immensité du continent. De l’aéroport, un taxi, pas comme les autres, m’amène en ville. Parce qu’en Afrique, les taxis sont collectifs. Si tu veux un taxi que pour toi, tu payes les 3 places restant vides. Je partage volontiers avec trois autres passagers. Je suis émerveillée de découvrir ce peuple. C’est ma première rencontre avec des Comoriens.

Dans le taxi, les regards se croisent, les lèvres dessinent des sourires timides, en silence. Le sourire, c’est ça le premier accueil que me réserve ce Pays. Le sourire et les cris joyeux des enfants dans les rues rouges de terre. Même la poussière est rouge aux Comores. Derrière la vitre du taxi, d’immenses baobabs qui dessinent les bords des routes, courent vite et titillent davantage ma curiosité. Comme ces maisons que je n’avais jamais vues auparavant. Peu après, je découvre qu’elles sont bâties en feuilles de cocotier tressées. « Quel génie ! », pas de béton. Et rien d’éphémère ! C’est du solide. Une charpente de pilastres en bois de cocotier se cache sous les feuilles tressées. Des générations y ont habité pendant des siècles.

Ce sont les parfums qui me guident

Le taxi me laisse à l’entrée du grand marché de Moroni appelé volo-volo, c’est l’un des poumons économiques de l’île. Les étals s’étendent à perte de vue. Ce sont les odeurs qui me guident : je hume le parfum doux de la cannelle, puis celui plus piquant du safran et du poivre vert. En suivant les senteurs émanées par les mangues exposées au soleil, je pénètre ce marché aux mille couleurs. Avec la joie d’une gamine au pays de merveilles. En revanche quelque chose me rend d’un coup timide : je ne parle pas la langue ! Je connais quelques mots, mais je n’arriverais pas à formuler une phrase. Et je n’ai pas envie de parler français, j’ai envie de parler comme eux d’emblée.

« Après trois jours, tu te débrouilles, tu es chez toi ! »

« Tiziana ! Ma sœur, je suis là ! »  la voix de Fatouma vient éteindre ma timidité. Nous ne nous sommes jamais rencontrées auparavant. C’est la sœur d’une amie rencontrée à Paris. Le rendez-vous c’était devant l’entrée du marché Volo Volo. Fatouma me serre dans ses bras comme si on ne s’était pas vu depuis longtemps. Sa phrase de bienvenu me marquera à jamais : « Ici, je t’accompagnerai, mais tu es une étrangère seulement les trois premiers jours, après tu te débrouilles, tu es chez toi !». L’apothéose de mon premier voyage en Afrique. Me sentir chez moi en terre étrangère, c’est une nouvelle sensation de liberté. Je respire à pleins poumons cet air africain bienveillant. Je me sens chez moi. Trois jours après mon arrivée, les gens me saluent dans la rue comme une Comorienne, comme si j’y étais depuis toujours.

Hadidja

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