Entre deux inspirations

« Je suis encore à la surface.

Je prends ma dernière inspiration.

10 litres d’air dans les poumons pour un voyage vers l’inconnu.

Je commence à descendre et déjà je sens les battements de mon cœur diminuer. Il passe de 60 à 30 ou 40 pulsations par minutes.

Je m’engage dans le bleu.

Je suis aspiré par le fond.

A 30-40 mètres, je n’ai plus besoin de faire le moindre mouvement, je descends en chute libre.

J’ai la sensation de voler sous l’eau, de glisser vers le fond.

Entre 40 et 60 mètres, les poumons sont complètement écrasés par la pression.

Ça devient désagréable mais, soit on réagit en terrien et on lutte, soit on accepte et on lâche prise.

100 mètres, c’est un chiffre mythique, symbolique. Pour l’atteindre, il faut balayer les limites mentales

Je continue à descendre jusqu’à 123 mètres.

Là vous êtes tout seul, il fait un froid glacial, la pression vous écrabouille complètement et pourtant, moi, quand je suis au fond, je me sens bien.

Je n’ai aucune envie de respirer.

Je suis comme une petite goutte d’eau ou milieu de l’espace, au milieu du néant.

Je ne suis rien, perdu dans ce grand tout.

Je ressens une grande humilité.

Je décide de remonter.

Autant la descente est facile, autant retourner à la surface est difficile, il faut fournir un effort colossal.

Lutter contre l’ivresse des profondeurs. Ce phénomène dû à l’azote dans le sang qui sème le trouble. Là encore, il faut laisser faire, ne pas lutter.

A 60-70 mètres, l’envie de respirer devient présente et là ça peut être facile de perdre pied.

Il faut rester dans l’instant présent, se concentrer sur la corde. Ne pas penser à la surface, ni la regarder.

A 30 mètres, je retrouve mes apnéistes de sécurité. Sans eux, je ne pourrais rien faire. Sans eux, je ne suis rien.

L’aventure des profondeurs est collective.

A 20-10 mètres, mes poumons retrouvent leur forme normale.

A 5 mètres avant la surface, j’expulse l’air de mes poumons.
La délivrance.

A peine arrivé, je respire.

C’est un choc pour les sens.

Je sors du silence.

J’ai quelques secondes pour faire signe aux jurés et leur dire que je vais bien. Enfin je peux apprécier le voyage que je viens de faire.

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