L’apnéiste Guillaume Néry explique comment « voler sous l’eau »

Se reconnecter avec les origines aquatiques de l’Homme,retrouver cette mémoire du corps qui date de millions d’année, c’est le voyage que propose Guillaume Néry. Un voyage aux confins du temps, de l’espace et du mental. Le tout en 3 minutes chrono.

Il y a d’abord la descente. Les sensations submergent l’apnéiste par paliers. Pas de raz-de-marée, pas un tsunami d’émotions, mais des mécanismes successifs, par vagues. Il sent son cœur ralentir de moitié son rythme,son sang qui reflue vers les « organes nobles ». Il subit la pression progressive de l’eau sur ses poumons jusqu’à l’oppression de sa cage thoracique à 80 mètres. Le bruit autour de lui s’atténue jusqu’au « quasi-silence des profondeurs ». Il apprécie le moment agréable de la chute libre, entre 30 et 60 mètres..

Plus loin, il pense : « Ne pas lutter contre la nature, lâcher prise, laisser l’eau m’écraser. » D’ailleurs la pression procure une sensation de cocon, pas désagréable.

A cent mètres, une petite pensée pour Jacques Maillol qui le premier a fait la nique aux scientifiques qui avaient prédit que le corps humain imploserait à cette profondeur. Non, pas de limite mentale.

Puis, c’est le fond, la solitude, très loin sous la surface,à 123 mètres précisément. Autour du bleu, rien que du bleu, infini, uniforme,un froid glacial, une pression insupportable mais une sensation de bien-être extraordinaire. Pas d’inquiétude. Nulle envie de respirer. « Je suis rien, un petit bout de rien, un petit grain de poussière d’étoile, au milieu du néant. »

Mais le plus dur reste à faire : lutter pour remonter,palmer deux fois plus fort, pour s’arracher à « l’ivresse des profondeurs ».Le plus à craindre lors du retour, c’est la panique des 70 mètres, une envie irrépressible de respirer. Où donc est la surface ? A 60 mètres, peut-être. Le temps s’accélère.Surtout ne pas regarder la surface, rester présent, ancré dans le présent.

A 30 mètres, les accompagnateurs, « les anges gardiens »sont là, fidèles au poste. Il les remercie toujours mentalement : ils n’ont jamais manqué un rendez-vous. Ce vieil Archimède y va aussi de sa poussée.

Et, enfin, c’est la « renaissance » : un brouhaha de sons, un éblouissement de lumières succèdent au grand silence des profondeurs et au toucher velouté et doux de l’eau. Après avoir fait corps avec l’élément, comme avec sa mère jadis (à l’instar des autres mammifères), c’est la « délivrance », cette fois, de l’apnéiste.

Surtout ne pas oublier d’enlever son pince-nez et de faire signe aux juges  : »I’m OK ». Le cri d’un nouveau né ?

Olivier

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