Une française vice championne du monde d’apnée ou le merveilleux voyage d’Alice vers les abysses

A 82 mètres de profondeur record battu. Princesse au Royaume des Sirènes. Alice nous raconte.

« Je suis Alice Modolo. Je flotte, allongée sur le dos, bercée par les vagues. Je suis à kas, en Turquie, et dans un instant va commencer l’aventure. Atteindre les 82 mètres de profondeur. Battre le record de France. Dans le brouhaha qui parvient à mes oreilles, je distingue le décompte. Trois… deux… un…

Mes pensées s’éloignent de toute cette agitation qui m’entoure. Mon regard quitte le bleu du ciel pour celui de l’eau. Je plonge dans le silence et la solitude. Mon corps, tel un métronome, enchaîne les gestes précis, techniques.

30 mètres. Je me sens aspirée par les abysses. La pression me transforme en pierre qui coule, inexorablement. Le filin défile devant moi, m’hypnotise. Le froid s’empare de mon corps. Seul mon visage est en contact direct avec l’eau. Par lui je prends conscience de ma vitesse. 1 mètre seconde. Pas plus.

Mon univers évolue avec ma descente. Il fait de plus en plus sombre. Je franchis les 9 bar de pression. Un poids lourd de 15 tonnes m’écrase, sans douleur. Il y a mon corps… et moi. Il subit… je suis bien. A un détail près cependant : je dois rapidement mobiliser le peu d’air qu’il me reste. Sans plus attendre, il me faut équilibrer mes oreilles sinon la plongée s’arrête.

Moins 78, moins 79, moins 80… je touche au but. Encore deux mètres. Je m’empare du « tag », il témoigne de ma réussite. Mon regard se pose sur le drone sous-marin qui m’accompagne. Instantanément mon cerveau me ramène à la réalité. Je ne suis pas seule. Cette pensée me donne la force dont j’ai besoin pour rejoindre là-haut ceux qui m’attendent.

Je dois m’arracher à ces profondeurs qui enserrent mon corps. La séparation est une épreuve physique. Je compte sur mes jambes pour parvenir à remonter ces 82 mètres, l’équivalent d’un immeuble de 35 étages.

Je prends alors conscience que je ne respire plus depuis 2 min 30. Ma poitrine crie sa souffrance, mes jambes sont prêtes à me trahir. Pour gagner, mon esprit doit dominer mon corps. Je me concentre à nouveau. Je sais que je peux y arriver. Je ne crains pas la syncope. Doucement, le calme revient. Je goûte ces derniers instants d’intimité avec les profondeurs.

Encore quelques mètres. Je croise mes anges gardiens, les apnéistes de sécurité. Positionnés à trente mètres, ils guettent le moindre signe de faiblesse. Mais tout va bien. Merveilleusement bien.

Soudain, je jaillis hors de l’eau. Le danger me guette encore une fois. Ma première inspiration peut m’être fatale, mais je suis bien préparée. Tel un trophée, j’exhibe le tag caché sous ma cagoule.

Instantanément, ma main s’élance hors de l’eau pour rassurer tout le monde d’un simple signe conventionnel.

En trois minutes vingt d’apnée, je viens de battre un record de France et je suis quatrième mondiale.

Je suis heureuse ».

DCD

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