Une vidéo dévoile l’agression d’un policier sur un gardé à vue

Le tribunal correctionnel de Lyon juge un policier accusé de violences volontaires sur la personne de Mohamed Chiki. Celui-ci était alors placé en garde à vue pour des faits d’outrage et de rébellion. Les faits se sont déroulés le 03 février dernier au commissariat de Rilleux-la-Pape.

France 3 Rhône-Alpes a réussi à se procurer les images de l’agression d’un policier sur un homme placé en garde à vue. Des images issues d’une caméra de surveillance. Durant la nuit, à 4 h 11 du matin, un policier de garde rentre dans la cellule du détenu visiblement exédé. Après une discussion mouvementée entre les deux hommes, le policier assène plusieurs coups au visage à l’homme resté assis sur sa couchette. D’abord une gifle puis 5 coups de poings d’affilée. Le policier quitte alors la pièce laissant la victime allongée sur son lit. Plusieurs points de suture seront nécessaires pour soigner la personne qui porte plainte pour coups et blessures.

A la barre, ce jeudi 06 avril 2017, le policier reconnaît les faits. Il déclare  » Je suis dépressif, j’ai des sautes d’humeurs ». Suivi en psychiatrie pour sa dépression, le policier avait dû déposer son arme en mars 2016 par mesure de précaution. Il l’avait récupéré quelques mois plus tard.

Le jugement a été mis en délibéré.

 

Nicolas

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http://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/ardeche/ardeche-maison-site-cloture-travaux-rehabilitation-du-mont-gerbier-jonc-1290599.html

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Papier policier frappe un détenu

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Ma mission : emballer Cécile

Une main me pousse dans le dos. C’est l’heure. Je me lance. Plus moyen de reculer. Il y a trois marches à monter pour la rejoindre. Elle est là-haut, seul, debout, elle m’attend.

Roulement de tambour. Dans ce petit espace reculé de la cour de récré, pour elle comme pour moi, le temps s’arrête. Alors que je m’apprête à monter vers mon destin, un peu plus loin, à 20 mètres derrière nous,  les spectateurs sont là : Thibault, Lamine, Constance et Quitterie observent mes pas. Ils ont grossièrement arrangé le coup, ils n’en manqueront pas une miette. J’entends vaguement leurs cris d’encouragements, mais peu importe, il n’y a plus que nous deux. Elle qui m’attend, moi qui m’élance.

Le cœur qui tape, les tripes qui se tordent. Mes pieds montent les marches tous seuls. Je suppose que j’ai l’air grave, mais c’est que pour moi, l’heure est grave. Car putain, il s’agit de l’emballer, de ne pas se rater, et c’est clairement ma dernière occasion après mes derniers ratages monumentaux.

 

Ça fait quand même 2 mois qu’on tergiverse. Depuis que je l’aime, et qu’elle aussi. Depuis le petit papier transmis, passé de mains en mains jusqu’à la sienne, en cours d’anglais. Elle avait d’abord hésité à m’accorder son oui. Après quoi, il y avait eu l’épisode du piou -un baiser furtif sur la bouche-. Je l’avais tenté par surprise, en sortant de cours. Le piou par surprise avait raté : j’étais tombé entre le bord de la lèvre et le début de la joue.

Si j’étais pas foutu de réussir un piou, comment pourrai-je réussir à l’emballer ?  Il y a la langue, la position, le lieu, le moment, l’approche. De quoi me torturer la tête pendant des semaines. Les jours passaient, je ne l’avais toujours pas emballée, je reculais le moment …  Et surtout, j’avais raté l’occasion rêvée, la boum de Delphine. Au moment de dire aurevoir à Cécile, tout était prévu pour l’emballer. Ca devait être grandiose. Mais au moment ultime, un moment de doute, de peur, de je ne sais quoi, j’avais opté pour un nouveau piou. Certes il était bien tombé sur la bouche, mais j’avais raté l’occasion en or de l’emballer pour de vrai. De quoi me morfondre des heures de mon incapacité chronique à sortir cette putain de langue.

Alors cette fois, cette cour de récré, ces marches, cet instant, c’était la session de rattrapage qu’il fallait saisir. Si j’échouais encore, il n’était évidemment plus jamais question de remettre les pieds dans ce collège, ni même d’exister. C’est dire si l’enjeu, en montant cet escalier, me dépasse.

La pression est énorme. Je suis un soldat qui part au front. J’ai une mission à accomplir. Je ne vais peut-être pas mourir pour la France, mais je vais emballer Cécile. Ca mériterait bien une Marseillaise. En tout cas, je perçois un grand roulement de tambour dans tout mon être.

Me voilà devant elle. C’est parti. Je lui fais un petit sourire anxieux, je pose mes deux mains de chaque côté de sa tête, contre le mur sur lequel elle est adossée. J’approche, on se voit de tout prêt. Je vois qu’elle ferme les yeux. Pas con. Je fais pareil. Elle a mis du parfum, qui emplit mes narines. Le roulement de tambour s’accompagne de cymbales : nos bouches se percutent. Ce n’est pas si humide que ça, ça va. Nos langues tournent ensemble, ça se passe plutôt bien. Il faut dire que ma grande sœur m’avait bien expliqué comment faire, j’avais bien répété le tournage de langue avec son petit doigt.

La mission est en bonne voie d’être remplie.

Mais tout à coup, un imprévu. Je sens des bras qui s’accrochent autour de mon cou. Mais oui, ce sont les siens ! Elle s’accroche à moi !? Ouah ! Je suis surpris. Effaré par cette marque d’affection à laquelle, étrangement, je ne m’attendais pas du tout. J’avais tellement de pression à gérer que j’avais totalement oublié que ce moment puisse être agréable.

Oublié la pression, oublié la technique, oublié les tambours : elle m’aime.

 

 

 

 

 

 

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Sauter 50 mètres dans le vide de l’aven d’Orgnac pour se rassurer

Mes jambes tremblent, je suis assis dans un baudrier à 30 mètres au dessus du sol. Mon cœur bat la chamade, je ne sais pas si je vais tenir longtemps dans cette position, j’ai peur du vide. Seuls mes yeux jouissent du spectacle qui s’offre à moi, une immense cavité souterraine avec ses draperies illuminées, ses stalagmites géantes et ses trous noirs. J’ai des étoiles plein les yeux. Je suis perché au sommet de l’entrée naturelle de l’aven d’Orgnac située dans le sud Ardèche.

Je dois profiter de l’instant. J’ai arrêté ma descente en bloquant le descendeur. Je dois rester là pour conjurer ma peur. Respirer lentement et régulièrement pour ne pas paniquer.

Je regarde en bas et je vois quelques visiteurs de la grotte. Ils ont la taille de petits insectes qui rampent sur le sol. Je reconnais aussi le cheminement piéton construit en béton pour l’accueil du public. Cela ne me rassure pas. Car je sais que je suis perché dans le ciel de la terre avec seulement une corde suspendue à mes pieds. Je me rassure en me disant que d’où je suis, j’observe d’un coup d’œil tout l’espace de cette immense salle longue de 120 mètres et large de 90 mètres . Soit un hectare de concrétions naturelles à portée de vue. Mon œil de cameraman s’illumine : un seul axe de caméra pour un seul plan. J’ai la chance d’être à l’endroit précis pour embrasser toute la superficie de la salle.

Je balaye le regard de gauche à droite. Je contemple ce paysage sculpté par les eaux depuis des millions d’années. Une pluie de stalactites blanches tombe du plafond. plusieurs stalagmites géantes de couleurs ocres font une percée dans le temps. Certaines mesurent plus de douze mètres de haut. Combien d’années pour qu’elles se forment ? Je prend la mesure du temps. Je ne suis qu’un insecte accroché à une corde.  A ma droite, je découdre le mannequin de Robert de Joly, dans sa combinaison rouge de spéléo, accroché à une échelle de corde de 50 mètres. C’est lui le premier homme qui ait descendu dans la grotte en août 1935. Il a découvert cette salle qui porte désormais son nom. 80 ans après lui, je marche dans ses pas, ceux d’un explorateur, d’un aventurier.

Le vide me rattrape. Assis dans un siège qui n’existe pas, le sol m’appelle. Je descends. A terre, je suis heureux d’avoir effectué ce qui me tenait à cœur : sauter dans le vide, me surpasser, faire le saut !

Nicolas

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Visiter Auschwitz et revenir plus vivant

L’immensité. A perte de vue. Birkenau, c’est l’immensité. Je dis « immensité » car je ne trouve pas de mots. Il n’en n’existe aucun, je crois, pour décrire ce que je vois. Grand serait indécent.

Je dis « immensité » sans doute parce que le regard ne sait où se poser. Je longe les rails, ceux construits par les nazis à la fin de la guerre pour amener directement les trains au plus près des chambres à gaz. A droite, le peu qui reste de bâtiments en bois. Devant, le mur écroulé, dynamité, du four crématoire numéro 4. A gauche, les baraquements en dur…dont je remarque immédiatement que beaucoup sont soutenus par des barres de fer.

C’est précis ce que je décris. Mais ce qui est irracontable, c’est l’échelle. L’immensité donc, aussi silencieuse qu’une éternité. La densité du peuplement qu’on tente d’imaginer. L’énormité du crime et du coup l’énormité du vide. Générations sacrifiées : combien seraient-ils aujourd’hui les descendants de ceux qu’on a fait disparaître en fumée? Finalement, l’évidence me cloue presque sur place, moi si petite dans ce paysage infini : ils me manquent, ces Juifs.

Il fait 32 degrés et la morsure d’un soleil trop brûlant pour être vrai, me fait revenir ici. J’avais imaginé visiter le camp d’Auschwitz-Birkenau en hiver, sous la neige, sans doute pour coller à une image. Là, en plein été, voir quelques bleuets et du vert un peu partout, me permet sans doute ce regard distancié, mais dans la sensation du moment.

On peut faire de la visite de cet endroit si pesamment symbolique un moment intense dont on ressortira, non pas heureux mais riche de petits moments. Il faut s’y préparer. Accepter l’idée que, oui, cette fois, on va y aller. Anticiper l’indescriptible  de ce que l’on va découvrir dans le musée, éclaté dans plusieurs bâtiments, par le savoir, la connaissance, l’apprentissage de ce qui s’est passé ici.

Je suis riche de ma première visite à Auschwitz-Birkenau. Cette rencontre d’abord, dès la pièce d’attente de la visite guidée. Un vieil homme est là, assis. Il ne parle ni français, ni anglais ni allemand. Il me fait comprendre qu’il est avec son fils. Et puis il me tend un petit livret sur lequel j’aperçois des mots en hébreu : « kaddish », dit il. Et je comprends qu’il est là, sur les lieux même de la disparition des siens , pour réciter la prière des morts.

Et puis il y a ce ticket d’entrée. Jaune tout autour avec indiqué « Français » pour la langue de la visite et « Auschwitz-Birkenau » sur fond noir au milieu. Je le photographie, petite chose insignifiante. Mon sésame. Car je comprends que je suis à ma place avant même de franchir le fameux portail, surplombé du fameux « Arbeit Macht Frei ». Je suis à ma place et ce sera peut-être moins dévastateur que ce que je craignais.

Dans un couloir, j’ose affronter ces photos. Des clichés administratifs pris par les nazis à l’arrivée des prisonniers. On y lit tout : la stupeur, l’absence totale de repères. Certains sont si perdus qu’ils esquissent un début de sourire, comme on le fait tout le temps pour une photo. D’autres ont posé, le menton haut, défiant l’inéluctable.

Et puis en toute fin de parcours, il y a l’unique baraquement que l’on visite aujourd’hui. Par la fenêtre, près des paillasses, on aperçoit un arbre et un champ de blé. C’est habité. Je me dis que certains occupants de ce lieu, ont peut-être vu ces couleurs, eux aussi. J’entends leur silence. C’est ma plus belle rencontre.

Myriam

 

²

 

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Souvenir pas si douloureux, de ce jour où je me suis électrocutée

Une sensation de chaleur, bizarrement, me court le long des jambes. Me coule le long des jambes, pour être précise. A mes pieds, une flaque s’est formée. J’ai 3 ans, et je me fais pipi dessus. Il ne fait pas nuit, je ne suis pas dans mon lit. C’est l’après-midi et je suis debout, les doigts scotchés à une prise électrique.

C’est le seul souvenir que je garde de ce moment où j’ai bien failli mourir, électrocutée. Aucun souvenir de la brûlure. Aucun souvenir de l’odeur de grillé qui, fugacement, a peut-être flotté dans l’air chaud du salon de ma grand-mère. Plus de quarante ans ont passé depuis cet instant.  Aujourd’hui, je m’entends à peine hurler.

Pourtant, j’hurle de douleur. C’est certain. C’est d’ailleurs ce qui réveille ma grand-mère qui, comme tout le reste de la famille, fait la sieste dans la moiteur de cet après-midi de vacances en Martinique.

Aujourd’hui, j’imagine des cris aigus comme peuvent l’être ceux des enfants. Des cris qui déchirent le silence, comme ce courant électrique qui déchiquette ma chair. Quatre de mes doigts sont collés sur les deux fiches d’alimentation de la télévision. Je suis prisonnière. Punie sur le fait.

Je devrai être en train de faire la sieste. Mais non. Je veux regarder la télévision. Pour l’éteindre, ma grand-mère opérait d’une manière singulière. Elle n’appuyait pas sur le bouton on/off, elle débranchait directement la prise. Et moi, petite curieuse, je l’ai vu faire.

J’ai la prise en main. Enfin, je la tiens plutôt par les deux broches. Une broche pincée par le pouce et l’index de chacune de mes deux mains. Je tente le branchement. Et je me fais pipi dessus. Je m’électrocute. Ma grand-mère se jette à mon secours. Elle m’attrape et me tire en arrière. Elle en prend autant, et me sauve la vie.

J’ai 3 ans, je suis en vacances en Martinique, et je vais passer deux mois à me baigner, les doigts en l’air, déformés par les énormes bandages blancs qui les enserrent. Je vis en Bretagne à cette époque, et j’ai l’impression d’avoir des menhirs dans les mains.

Plus de quarante ans ont passé. De cet instant, je ne ressens quasiment plus rien. Seuls quatre de mes doigts portent à tout jamais la souffrance de la brûlure profonde qui les a creusés jusqu’à l’os. Je suis marquée, dans ma chair. Mon cerveau l’est aussi. Des fois, je m’amuse à y voir la cause de ma nervosité ou de cette sensation d’être montée sur pile. Aujourd’hui j’ai 45 ans, je n’ai pas d’enfant à surveiller. Il n’y pas de caches aux murs de la maison.  Mais croyez-moi, j’évite, soigneusement, tout contact avec les prises électriques.

Aude

 

 

 

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